Un prédateur sexuel arrêté par le papa de sa victime à Saint-Laurent

Un pédophile arrêté par le papa de sa victime à Saint-Laurent

 

Un Niçois de 39 ans a été mis hors d’état de nuire par le père d’une fillette qu’il venait d’agresser à St-Laurent-du-Var. Il était recherché depuis plus de deux ans et a reconnu près de 30 victimes.

"Papa, au secours, papa, vite!". Le sang de Christophe n’a fait qu’un tour. Il ouvre à la volée la porte de son appartement. Et voit Badra, sa fille de 11 ans, en panique, non loin de l’ascenseur. Collé à elle, derrière, un homme qui se met alors à dévaler l’escalier, bouche ouverte de surprise…

"Il m’a touché les seins, papa. Il m’a touchée", hurle la fillette, en pleurant, complètement affolée.

"Je suis parti comme un fou derrière lui. Je suis même tombé dans l’escalier. Je l’ai attrapé par les jambes. J’ai fait comme j’ai pu. Je l’ai neutralisé avec un coup de poing et je l’ai traîné jusque chez moi. Heureusement, je suis un peu plus costaud que lui."Christophe, blessé, reprend ses esprits et ferme sa porte à double tour.

Un mode opératoire bien rodé

Sa femme appelle la police pendant qu’il tient en respect l’homme qui vient d’agresser sa fille. "Je lui disais : “ Tu bouges pas, tu vas le payer cher, la police arrive ”. Il m’a même demandé un verre d’eau. Je me suis retenu de lui en mettre un autre. Il fallait garder son sang-froid." Ce qu’il a fait.

Il est un peu plus de 15h30, vendredi, dans cet immeuble du centre-ville de Saint-Laurent-du-Var, proche du collège Saint-Exupéry. Et la police débarque en force à la vitesse de la lumière, devant le petit immeuble. Municipale à scooter, nationale et la BAC…

"Ma femme leur a raconté ce qui s’était passé au téléphone d’après le témoignage de ma fille, ça a eu l’air de faire tilt. Trois minutes après, ils étaient là. Chapeau!", explique encore ce papa sous le choc.
Et c’est effectivement le cas. Ça a fait… tilt. À l’écoute des faits, c’est tout un puzzle qui s’est mis en place d’un seul coup dans la tête des enquêteurs cagnois.

"Depuis janvier 2012, nous avions reçu des plaintes contre X de mineures pour exhibition sexuelle. Nous étions sur le qui-vive sur un mode opératoire particulier qui était celui de l’homme que nous venions chercher. Ça concordait", affirme le commissaire Charles Bolf.

Stéphane, un électricien niçois de 39 ans, est interpellé et conduit en garde à vue dans les locaux du commissariat de Cagnes-sur-Mer. Le temps de lui signifier sa garde à vue, le suspect repart sur les lieux pour la perquisition de sa fourgonnette siglée au nom de son entreprise, stationnée devant l’immeuble laurentin.

À l’intérieur, les enquêteurs découvrent des « Kleenex usagés » Mais aussi des « préservatifs ». Et ce n’est pas tout. "Mes enquêteurs, lors de cette perquisition, ont soudain vu deux filles qui rentraient du collège et qui se sont mises à pleurer en voyant l’individu à côté de la fourgonnette. Un policier est allé leur parler."

Les deux gamines, elles aussi scolarisées à Saint-Exupéry, viennent de reconnaître celui qui les avait agressées quelque temps auparavant. Et racontent au policier leur histoire… Même territoire, même repérage, même mode opératoire. Même fourgonnette. Et même agresseur. Elles en sont sûres.

Antibes, Cagnes, Nice…

"Ma fille m’a raconté qu’il l’avait suivie alors qu’elle rentrait dans l’immeuble, puis ensuite dans l’ascenseur. Et c’est là qu’il a commencé à la toucher", raconte, encore ému mais posé, le père de famille laurentin qui a neutralisé, avec courage, l’agresseur.

Ce sont deux enquêteurs rodés à ce genre d’affaire délicate qui ont mené l’interrogatoire de l’électricien. "C’est un travail très délicat, car le suspect peut se fermer rapidement", affirme encore le patron du commissariat de Cagnes.

Mais, Stéphane, marié et père de deux enfants, finit par se mettre à table et évoque "des pulsions incontrôlables". Il avoue dans la foulée des attouchements ou des exhibitions sexuelles sur près d’une trentaine de fillettes toutes prépubères et peu formées. Des agressions ou des exhibitions qui auraient eu lieu à Antibes, Cagnes, Nice et Saint-Laurent. Mais, l’enquête ne fait que commencer et une commission rogatoire va être ouverte par le parquet de Grasse pour tenter, entre autres, de recenser le nombre de petites victimes de ce « prédateur » présumé.
Un prélèvement ADN a également été envoyé dans la base de données nationale.