Mort d'Angèle, 4 ans, torturée une semaine, la mère et son compagnon écroués

Maltraitance. Brûlures, morsures, cheveux arrachés... La fillette retrouvée morte lundi en Vendée a subi un incompréhensible déchaînement de violences. La mère et son compagnon ont été écroués.

 

 

Saint-Georges-de-Pointindoux (Vendée), lundi. Le couple meurtrier venait d’emménager dans ce pavillon relativement isolé, où Angèle a été tuée par sa mère.

 

Elle s'appelait Angèle. Cette fillette de 4 ans, qui aurait dû faire sa rentrée à l'école communale de Saint-Georges-de-Pointindoux (Vendée), où sa mère venait de s'installer avec son compagnon, n'en a jamais eu le temps. L'enfant est morte dimanche à l'issue d'un déchaînement de violences de la part du couple. Hier soir, la mère a été mise en examen pour  et acte de torture ou de barbarie, son compagnon pour acte de torture, faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

 

Tous deux ont été écroués.

Ce que les médecins légistes ont constaté sur le  de la fillette témoigne en effet d'un véritable acharnement : coups multiples, morsures, cheveux arrachés, brûlures au deuxième degré et ce sur environ 30 % de la surface du corps... L'ancienneté des traces de violences montre qu'Angèle a subi un calvaire d'environ une semaine avant que sa maman -- qui a reconnu le geste fatal -- ne l'étrangle. Celle-ci « réfute cependant avoir voulu donner la  à sa fille », a précisé hier Hervé Lollic, procureur de la République à La Roche-sur-Yon.

Pour le reste, les déclarations du couple « sont très fluctuantes », souligne Hervé Lollic, particulièrement « sur ce que chacun impute à l'autre ». Tous deux, la mère âgée de 22 ans et son concubin de 26 ans, ont toutefois reconnu que les multiples lésions relevées résultaient de punitions (morsures, douches brûlantes...) infligées à Angèle, trop « turbulente » et « désobéissante » à leurs yeux...

 

«J'ignorais même qu'une petite fille habitait là»

Dans ce village de 1 500 âmes situé à 20 km de La Roche-sur-Yon, personne dans le voisinage n'avait jamais ne serait-ce qu'aperçu Angèle, arrivée pourtant à la mi-août avec sa mère. « Jamais je ne l'ai vue jouer dehors, et j'ignorais même qu'une petite fille habitait là », témoigne Christophe, qui vit de l'autre côté de la route et reste stupéfait qu'un tel huis clos ait pu se dérouler à quelques mètres de chez lui. « Je me suis évidemment posé cette question : aurait-on pu faire quelque chose pour la sauver ? Mais la maison est bordée par une route très passante et relativement isolée. Même si cette petite avait appelé à l'aide, personne ne l'aurait entendue », souffle-t-il.

Le couple lui-même, y compris le compagnon qui s'était installé depuis plusieurs mois dans cette ancienne maison, avant d'y être rejoint par Angèle et sa mère, reste un mystère. « C'est en voyant une voiture garée devant que j'ai fini par comprendre que la maison était habitée, raconte un autre habitant. Comment aurait-on pu savoir ce qui s'y passait ? »

Ce pavillon représentait pourtant un nouveau départ pour ce couple qui emménageait enfin ensemble, lui originaire de Touraine, elle de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), et alors que tous deux avaient décroché un emploi. Le juge d'instruction qui va enquêter dans le cadre de l'information judiciaire ouverte hier va s'attacher à décortiquer les dernières heures ayant conduit au drame -- notamment pourquoi les pompiers n'ont été prévenus que le lendemain de la mort -- mais aussi déterminer, grâce à des auditions de proches, si ces violences étaient habituelles. Angèle ne portait pas, a priori, de traces de coups anciens et les services sociaux de Vendée n'avaient pas été alertés. On ignore encore, en revanche, si c'était le cas de leurs homologues du Val-de-Marne.

 

Le Parisien