Les grands-parents d'Agnès Marin appréhendent le nouveau procès

FDR LE PUY GRAND-PARENTS AGNES MARIN - GORCE Jean-Louis

FDR LE PUY GRAND-PARENTS AGNES MARIN - GORCE Jean-Louis

À quelques jours du début du procès en appel devant la cour d’assises des mineurs du Puy-de-Dôme, les grands-parents d’Agnès Marin veulent que les dysfonctionnements judiciaires révélés en première instance soient suivis de sanctions.

Lamontagne.fr consacrera un large dossier en ligne à l'affaire Agnès dès le 29 septembre et au suivi du procès en appel

On les a rencontrés au Puy-en-Velay, un vendredi 15 août au ciel de bonne humeur. Les grands-parents d’Agnès Marin, la jeune fille assassinée au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) en novembre 2011, avaient fait le voyage en Auvergne depuis Paris pour participer à la procession à la Vierge Marie.

Pour La Montagne, Armel et Solange Marin ont accepté d’évoquer le nouveau procès qui se déroulera du 29 septembre au 10 octobre, à Riom. Avec douleur et dignité.

Qu’attendez-vous de ce nouveau procès ?

Solange Marin. On n’en attend pas grand-chose. Ce sera bis repetita.

Armel Marin. Il faut tout de même dire que l’on tient bien peu compte de la douleur des familles, car ce procès ne va pas servir à grand-chose [silence]…

Quels souvenirs gardez-vous du procès en première instance, il y a un an ?

Armel Marin. On a été ébloui en première instance par les juges et, surtout, par Mme Vermeulin, l’avocate générale (NDLR, aujourd’hui procureure générale à Bourges). Elle a dit que la justice avait failli et que l’on ne pouvait accepter ça comme ça. Elle a indiqué que la juge d’instruction en charge de la première affaire (NDLR, le viol de Julie, la victime du Gard), Mme Simitian, avait fauté par un manque de qualités professionnelles tout à fait exceptionnel. Elle a remis en liberté le futur assassin après avoir juste passé un coup de téléphone à un expert peu mobilisé, qui mettra trois semaines à pondre un rapport, disant que le futur assassin n’était pas dangereux et qu’il allait confier au père le suivi judiciaire de ce malheureux garçon.

 

L’avocate générale a dit que le parquet lui-même n’avait porté aucune attention à ce qui avait été décidé, à l’établissement où le garçon a été placé alors qu’il avait déjà violé avec arme. Qu’une avocate générale dise des choses aussi graves, je veux que ce soit suivi d’effets ! Ce magistrat instructeur doit être relevé de ses fonctions. Car ce qui m’étonne, c’est qu’il n’y a eu aucun blâme la concernant.

Appréhendez-vous ce procès ?

Armel Marin. Oui, il y a une grande appréhension…

Solange Marin. Oui. On l’attend avec terreur. Car nous sommes condamnés à suivre les débats et sans doute au huis clos. On étouffe l’affaire, qui met en cause la juge d’instruction, mais aussi le suivi judiciaire, qui a été nul, bâclé. Le suivi psychiatrique a été assuré par des gens qui n’étaient pas des professionnels.

Armel Marin. Il est insupportable de se dire que tout cela va recommencer. Le premier procès nous a montré à quel point les gens étaient nuls : un psy qui n’était pas psy, une psychiatre étrangère qui ne parlait pas le français… Pourtant, ces gens-là étaient chargés de prendre en charge ce malheureux tueur. On accorde très volontiers à la maman de ce terrible enfant tueur notre compassion très triste, car c’est quelque chose d’épouvantable, de A à Z.

Solange Marin. Je crois que le père a rendu un mauvais service à son fils. Si ce dernier avait été puni une première fois, peut-être que les choses se seraient passées autrement. Là, il n’a pas eu de punition. Donc il a recommencé, car c’était dans sa tête, dans sa nature…

Nicolas Faucon

nicolas.faucon@centrefrance.com