Meurtre de Laetitia : Tony Meilhon de retour devant les juges

Il y avait foule lors du procès de Tony Meilhon./Photo Max PPP

Il y avait foule lors du procès de Tony Meilhon./Photo Max PPP

Après avoir marqué les esprits en 2011, «l'affaire Laetitia» Perrais, une jeune femme de 18 ans retrouvée tuée et démembrée près de Pornic (Loire-Atlantique), revient sur le devant de la scène avec le procès en appel de Tony Meilhon à Rennes.

C'est un fait divers hors normes en raison de la cruauté des actes commis. Ce meurtre sauvage avait bouleversé la France. Le 18 janvier 2011, sortant de son travail dans un hôtel-restaurant de la Bernerie-en-Retz, où elle était apprentie, Laetitia Perrais rejoint Tony Meilhon, alors âgé de 31 ans et sorti de prison un an plus tôt.

Le lendemain matin, sa sœur jumelle Jessica découvre le scooter, renversé près de la maison où elles vivent, dans la famille de Gilles Patron, chez qui elles ont été placées par les services sociaux en 2005. Tony Meilhon est interpellé le surlendemain dans une maison d'une commune voisine, où les gendarmes saisissent une voiture avec des traces du sang de Laetitia.

Son corps démembré ne sera retrouvé qu'en deux fois, le 1er février 2011 dans un étang, à Lavau-sur-Loire, et le 9 avril 2011 dans une autre pièce d'eau, à Port-Saint-Père. Laetitia Perrais a été étranglée et poignardée plus d'une quarantaine de fois. En revanche, l'autopsie n'a pas permis de déterminer s'il y avait eu agression sexuelle.

Après avoir refusé de coopérer pour aider les enquêteurs à retrouver le corps, puis tenté de jouer la carte de la folie pour échapper à la justice, Tony Meilhon a livré lors de son premier procès une version des faits qui n'a pas convaincu.

«Monsieur X...»

Sans jamais en démordre, il a assuré avoir poignardé sa victime alors qu'il la croyait déjà décédée après sa chute de scooter.

Il a en outre affirmé, sans jamais le prouver, qu'il avait bénéficié de l'aide d'un «Monsieur X...» pour démembrer le corps et en dissimuler une partie.

En première instance, le 5 juin 2013, Tony Meilhon a été reconnu coupable et condamné par la cour d'assises de Nantes à la prison à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans accompagnée d'une possible rétention de sûreté.

L'éventualité d'une rétention de sûreté est examinée une fois purgée la peine de prison : il est prévu alors qu'une commission comportant des psychiatres se réunisse pour évaluer le risque de récidive présenté par le condamné et, le cas échéant, décider son placement en établissement psychiatrique fermé.

C'est cette dernière mesure qui a notamment motivé la décision de Tony Meilhon de faire appel. «Si la rétention de sûreté était de nouveau prononcée, avec l'accord de mon client, je me pourvoirais en cassation» explique Fathi Benbrahim, avocat de Tony Meilhon.

«Jessica est extrêmement angoissée par le fait d'être à nouveau en contact avec Tony Meilhon», précise Me Cécile de Oliveira, avocate de Jessica Perrais, en souhaitant que «cet arrêt de la cour d'appel devienne définitif».

«Mon client est prêt à s'expliquer, s'exprimer plus qu'en première instance», assure de son côté Me Benbrahim, sans écarter qu'il puisse être à nouveau question de «M. X...».

Onze jours d'audience sont programmés pour ce procès, jusqu'au 2 décembre.

«Je te demande pardon Jessica»

C'était l'affaire dans l'affaire. Gilles Patron, le père d'accueil des sœurs Perrais, le pourfendeur des délinquants sexuels, avait été condamné à 8 ans d'emprisonnement pour viols et agressions sexuelles sur cinq victimes, dont Jessica en mars 2014.

À l'origine de l'affaire «Patron», mis en examen en 2011, deux plaintes d'amies de Jessica Perrais pour agressions sexuelles. La sœur de Laetitia, qui vivait chez les Patron depuis ses 12 ans, avait accusé son père d'accueil d'agressions sexuelles depuis ses 14 ans et de viols répétés à partir de ses 16 ans.


Et aussi

Castres >Une femme violée près de la gare. Une jeune fille a été prise en charge par les secours castrais, tôt hier matin, dans le quartier de la gare ; hagarde, très choquée, elle a été transportée aux urgences du centre hospitalier. La jeune femme, qui rejoignait son domicile à pied après avoir passé une nuit festive dans une discothèque du centre-ville, a déclaré avoir été violée par un homme à proximité de la gare SNCF. Une enquête est en cours.

Aveyron >Une octogénaire disparue. Une femme âgée de 83 ans, souffrant de la maladie d'Alzheimer, a disparu de la maison de retraite de Clairvaux d'Aveyron depuis samedi. Yvonne Bousquet, serait partie à pied. Les recherches entreprises n'ont rien donné à ce jour et l'inquiétude monte en raison de la chute des températures la nuit.

Paris >Un incendie mortel. Un incendie s'est déclaré dans la nuit de samedi à dimanche dans un immeuble du 19e arrondissement à Paris. Prise au piège au quatrième étage, une femme s'est jetée dans le vide pour échapper aux flammes et a été tuée. Malgré l'évacuation rapide de l'immeuble, l'incendie a fait six blessés, parmi lesquels deux pompiers. Le feu aurait pu être provoqué par une bougie restée allumée dans l'un des appartements.

Lille >Ils avaient volé 25kg d'or. Un membre du clan Hornec, Fabrice, doit être jugé à partir d'aujourd'hui par la cour d'assises du Nord avec trois complices présumés pour le vol de 25 kg d'or en janvier 2011 dans la Somme. Ils sont tous poursuivis pour avoir braqué deux convoyeurs belges qui ramenaient de Paris une mallette d'or dans leur entreprise. Le butin avait été estimé à 800 000 euros. Les quatre hommes nient farouchement les faits.