Loir-et-Cher - Blois, Vendôme - Cour d'assises DIRECT. Dernier jour du procès pour pédophilie à Blois

Depuis lundi, la cour d'assises examine une affaire de pédophilie au palais de justice de Blois. - Depuis lundi, la cour d'assises examine une affaire de pédophilie au palais de justice de Blois. - (Photo archives NR)

Depuis lundi, la cour d'assises examine une affaire de pédophilie au palais de justice de Blois. - (Photo archives NR)

Le procès du quadragénaire jugé depuis lundi 24 novembre par la cour d'assises de Loir-et-Cher pour pédophilie se termine aujourd'hui. La Nouvelle République vous fait vivre les débats en direct toute la journée.

 

Un homme de 43 ans est jugé depuis lundi 24 novembre par la cour d'assises. Il est accusé d'agressions sexuelles sur une vingtaine d'enfants âgés de 7 à 14 ans au moment des faits qui se sont déroulés dans 4 départements (Loir-et-Cher, Rhône, Somme et Val-d'Oise) entre 1992 et 2011.

Après les témoignages des victimes et de proches, les avis des experts, les plaidoiries des avocats des parties civiles, le procès se termine aujourd'hui par les réquisitions de l'avocate générale, Delphine Amacher, et la plaidoirie de l'avocat de la défense. Le jugement est attendu tard ce soir

> 14 h 50 : Pendant que le jury délibère, nous revenons sur les réquisitions de l'avocate générale. Delphine Amacher a demandé la peine maximale, soit 20 ans de prison, avec une période de sûreté aux 2/3 de la peine, c'est-à-dire que, durant cette période, l'accusé ne pourra bénéficier d'aucuns aménagements de peine. Elle a également demandé de prévoir que l'accusé puisse faire l'objet d'une rétention de sûreté. C'est-à-dire qu'une fois que l'accusé aura effectué sa peine, il sera soumis à expertise. S'il est considéré comme particulièrement dangereux et donc que le risque de récidive est élevé, il sera placé dans un centre socio-médico-judiciaire.

> 12 h 40 : La présidente donne la parole à l'accusé :  " Pendant la durée ce procès, j'ai pas montré d'émotion. J'ai jamais montré d'émotion dans ma vie mais c'est pas pour ça que j'en ai pas. Je regrette d'avoir agressé tous ces enfants et je demande leur pardon même si ce pardon n'effacera pas l'horreur que j'ai pu commettre ", déclare-t-il. Les débats sont terminés. Le jury part délibérer.

> 12 h 30 : " Je suis avocat, mais je suis aussi père, j'y pense quand je regarde mon petit garçon. A tout prendre, si ce malheur doit me toucher, je voudrais tomber sur quelqu'un qui soit capable d'avouer. Je vous demande de ne pas le condamner sans l'avoir jugé. "

> 12 h 20 : " Vous l'avez vu, il a la tête de l'emploi et des hommes en blouse blanche qui l'ont vu 30 minutes disent c'est un prédateur, ça y est les carottes sont cuites". Et l'avocat de souligner qu'il n'a pas demandé sa mise en liberté depuis qu'il est en prison depuis trois ans, malgré ce qu'il y subit de la part des autres détenus.

> 12 h 10 : " L'absence d'empathie depuis les faits, c'est peut-être l'élément le plus central ", souligne l'avocat de la défense. Il a abusé d'enfants et " en plus il s'en fout ". Me Rapin raconte alors comment s'est déroulé la garde à vue  de son client en 2011 : " Je lui ai dit vous n'êtes pas obligé de vous auto-incriminer, autrement dit vous avez le droit de mentir. Lui, le monstre déshumanisé, il va avouer et il va dire ça me soulage ". L'accusé va donner le nom de ses victimes, même de celles qui n'ont pas porté plainte. " Il a fait preuve de rédemption ".

> 12 h : Pour Me Rapin, il peut exister un lien entre les abus que son client a subi de la part de ses frères pendant sa jeunesse et ceux qu'il a ensuite commis. " Mais le poser en victime ce serait le faire sortir de la cage de prédateur dans laquelle on l'a mis ", dénonce-t-il.

> 11 h 50 : L'avocat de la défense revient sur les conclusions des experts et regrette notamment que ceux-ci ne se soient pas poser la question du sens des dons d'argent aux jeunes. Il s'interroge aussi sur les conditions d'examen de l'accusé par les experts : le temps des échanges, les tests ... " C'est formidable, ces gens en 30 minutes, 40 minutes, ils savent qui vous êtes (...) Il n'y pas une once d'humanité. "

> 11 h 40 : Me Rapin dit que tous les actes ne sont pas de la même gravité et demande " d'essayer de comprendre ces actes au moment où (l'accusé) les a commis ". Il souligne que son client a subi une " exclusion " à cause d'un problème de surdité dans son enfance. Il demande " un peu d'empathie, pas de compassion ". Il rappelle également la violence qu'il a vu dans sa famille dans sa jeunesse. " Est-ce que ça, ça peut avoir un lien avec les faits qui lui sont reprochés ? "

> 11 h 30 : " Vous devez vous mettre à la place de tous ces bouts de choux " déclare l'avocat avant d'ajouter que le jury doit aussi se placer de l'autre côté : " Vous devez essayer de vous mettre dans sa peau (de l'accusé), juste un petit peu ".

> 11 h 20 : L'audience se poursuit avec la plaidoirie de l'avocat de la défense, Me Rapin. " Je ne défends pas la pédophilie mais les intérêts d'un homme qui a commis des actes de pédophilie ". " Je vous demande d'avoir le courage de le juger " lance-t-il aux jurés. " Vous allez le déclarer coupable et le condamner. Son intérêt n'est pas de sortir le plus vite possible de prison. Son intérêt c'est de sortir d'ici en étant jugé ".

>  11 h 05 : L'avocate générale requiert la peine maximale, 20 ans de réclusion, avec une période de sûreté aux 2/3 de la peine ; elle demande également de prévoir que l'accusé puisse faire l'objet d'une rétention de sûreté.

> 10 h 55 : L'avocate générale s'interroge sur " le cheminement " fait par l'accusé ; ce dernier assure qu'il a changé  : le "gage", c'est qu'il a demandé une castration chimique. " Peut-être l'accusé est-il sincère quand il met tous ses espoirs dans ce traitement, moi ça me rassure pas ".

> 10 h 45 : " Non, les 19 victimes, elles n'ont pas à assumer le poids de l'histoire " de l'accusé, souligne l'avocate générale, qui fait allusion à l'enfance de cet homme de 43 ans, parlant de " maltraitance ".

> 10 h 35 : " En apparence, il est un homme gentil, serviable, mais ses traits de personnalité deviennent des atouts pour agresser des enfants " souligne le ministère public qui définit l'accusé comme " dangereux ". " Il y a une structuration perverse de sa personnalité à caractère pédophile ".

> 10 h 25 : " Sur 19 victimes retrouvées, pas une seule n'a dénoncé les faits spontanément, certaines ne sont pas présentes ou représentées au tribunal, d'autres sont toujours dans le déni. Les actes de l'accusé, ça a détruit les corps, ça a détruit les âmes, avec ce phénomène d'emprise", insiste l'avocate générale.

> 10 h 15 : " Internet, c'est un outil extrêmement précieux pour l'accusé ", non seulement parce qu'il peut regarder des photos pédopornographiques mais aussi parce que c'est un " nouveau terrain de chasse ".

> 10 h 05 : L'avocate générale se tourne vers la mère de deux des victimes, celle qui a dévoilé les faits la première, et la félicite d'avoir déposé plainte tout de suite, dès qu'elle a eu connaissance des agressions. " C'est grâce à vous qu'on est là aujourd'hui ".

> 9 h 55 : L'accusé va utiliser " l'argent et le statut d'adulte, un cocktail terrible ". Evoquant une des victimes, le ministère public dit : " On a l'impression que ce petit blondinet est l'objet sexuel " de l'accusé.

> 9 h 45 : " Ce qu'il aime (l'accusé) c'est faire des fellations aux petits garçons et que les petits garçons lui en fassent, alors il va chercher de nouvelles proies ", raconte l'avocate générale. L'accusé se fait faire des fellations par des jeunes du quartier, moyennant finances ou cadeaux.

> 9 h 40 : Les abus sur les enfants des frères de l'accusé sont évoqués : " C'est plus facile dans la famille, ils sont à disposition ", souligne l'avocate générale, évoquant notamment sa petite nièce : " Il n'y a pas de violence, il y a juste des actes que cette petite fille ne comprend pas très bien " d'autant plus qu'ils sont commis par un oncle qu'"elle aime bien".

> 9 h 30 : Le ministère public revient sur les faits pour chaque victime.

> 9 h 20 : L'avocate générale déclare : " Depuis le début du procès, il y a un mot qui m'a poursuivie, le terme de prédateur. Ce terme prend tout son sens dans ce dossier, avec cette idée de chasse, de proie ", soulignant que l'accusé " achète le silence des enfants " en leur offrant des cadeaux et " rend les enfants acteurs malgré eux et alimente leur sentiment de honte ".

> 9h : L'audience commence avec les réquisitions de l'avocate générale : Delphine Amacher évoque un " procès extraordinaire "étant donné le nombre de victimes. Elle recense " plus d'une centaine d'actes commis " par l'accusé, dont la plupart sont reconnus.

Florence Vergne