Du nouveau deux ans après la mort de Priscilla?

Deux ans après la mort de Priscilla Sergeant (14 ans), la police judiciaire est retournée sur les lieux de son décès pour une nouvelle perquisition. L'été dernier, les enquêteurs fédéraux ont en effet en toute discrétion passé au peigne fin l'ancienne habitation du suspect principal dans l'affaire, Johan D.V. Ils y ont soigneusement gratté les joints de ciment du sol en carrelage, probablement à la recherche de nouveaux indices sur les circonstances de la mort de l'adolescente.

Dès qu'un passant a découvert la dépouille de Priscilla Sergeant dans un champ de Dworp (Brabant flamand) durant l'été 2012, la police et la justice ont été convaincues que la victime avait dû endurer un long calvaire avant de décéder. À moitié nue et le corps tuméfié, la jeune fille avait vomi sur elle et du sperme avait été retrouvé sur son corps. Enfin, le légiste avait rapporté que l'adolescente avait été jetée dans ce champ mais était morte ailleurs.

 

                 

Point de chute des jeunes du coin
Cet "ailleurs" s'était rapidement avéré être le domicile de Johan D.V., un quadragénaire moins valide du quartier de Priscilla à Huizingen. Celui-ci recevait régulièrement des mineurs dans son petit appartement, parfois en même temps que des adultes. Les enfants semblaient trouver refuge chez lui; un soutien et une oreille qu'ils n'avaient pas forcément dans les familles éclatées dont ils étaient issus. La nuit de la mort de Priscilla, d'autres moins de 18 ans étaient à nouveau chez Johan D.V.: J., un garçon de 12 ans, et A., un adolescent de 16 ans du quartier. Tous deux étaient des amis, ou du moins des connaissances, de la jeune fille.

    

 

Soudain, Priscilla était morte
Selon les présomptions des enquêteurs, Priscilla aurait été le jouet du trio masculin durant cette nuit funeste. Le dossier fait état de coups, mauvais traitements et harcèlement préalables au décès de l'adolescente. Des "traitements inhumains" sont même inscrits au dossier mais nulle part le meurtre n'est évoqué. La mort de Priscilla Sergeant y est consignée, sans que la raison précise ne puisse être établie. "C'est comparable à un baptême étudiant qui a gravement dégénéré", apprend-on de sources proches de l'enquête. 

 

                   

 

De nouveaux éléments à charge?
Les trois suspects se rejoignent en tout cas tous sur un point: ils nient tous l'avoir tuée. Soudainement morte, maintiennent-ils, une défense qui plus est corroborée par des analyses post-mortem qui patinent. Le quadragénaire a même affirmé: "J'ai encore voulu appeler une ambulance, mais les mineurs présents ne m'ont pas laissé le faire". On ne sait pour l'instant pas si la police judiciaire, au cours de sa nouvelle perquisition, a récolté suffisamment d'indices pour confondre un ou plusieurs suspects.

 

Libres
Johan D.V. avait été mis sous mandat d'arrêt tandis que les deux mineurs avaient été placés en institution par le juge de la jeunesse. A. avait 
d'abord séjourné à Everberg puis à Mol. J. avait été placé à Ruiselede. 
À l'automne 2013, les deux jeunes ont été placés dans un centre de 
guidance tandis que Johan D.V. est libre depuis la mi-février grâce à 
une erreur de procédure.