Marrakech Pédophile et complice sur le banc des accusés

 

 

Un sexagénaire français condamné à 2 ans ferme

 

Le père de deux victimes présumé complice de l’agresseur

 

 

 

Un double scandale! La condamnation d’abord, à deux ans de prison ferme, à l’encontre de Jean-Luc Guillaume, un sexagénaire français, installé au Maroc depuis de longues années, pour détournement de mineurs. Le tribunal de première instance de Marrakech vient en effet de le juger le 29 janvier dernier à huis clos, suite aux plaintes déposées par 9 enfants. Une peine unanimement jugée trop clémente. Car cette cour n’a pas rejeté le dossier et a elle-même statué, avançant l’absence de contrainte par la force, les enfants ayant reçu de l’argent et des cadeaux, nous parlons donc d’un délit et non d’un crime, dont la peine maximale est de 3 ans. Le pédophile devra en outre verser 40.000 DH de dommages et intérêts à l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qui s’est constituée partie civile. Cette somme vient en partie supporter les frais d’avocats et du suivi psychologique des deux enfants qui ont témoigné au procès, engagés par l’Association. Même si aux dires de l’AMDH, il n’y a que peu de chances pour que la peine soit alourdie, un procès en appel est demandé.

 

Deuxième ombre au tableau, le père de deux des victimes du pédophile est appelé à comparaître le 4 février pour incitation à fournir de faux témoignages. La première audience du procès avait eu lieu le 21 janvier et avait été reportée pour lui permettre de préparer sa défense. Il est en effet suspecté d’avoir fait pression sur ses enfants pour qu’ils changent leur version des faits en faveur du condamné, contre rétribution financière. La poursuite judiciaire à l’encontre d’un père d’une victime est une première au Maroc. Il risque entre 1 et 3 ans de prison pour incitation à déposition mensongère, mais également entre 1 mois à 1 an de prison et 5 à 10 ans de privation de droits parentaux pour le délit prévu par l’article 482. Ce dernier punit les parents pour défaut de soins ou manquement de direction nécessaire qui compromet gravement à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant.
L’affaire est d’autant plus sensible que ces arrestations et condamnations n’en finissent pas de se succéder. Si le tourisme sexuel fait régulièrement la une des médias, toujours plus d’affaires concernant des pédophiles marocains sont également relayées par la presse. Il est en effet utile de rappeler que la pédophilie n’a pas de nationalité.
Un rude combat à mener, qui ternit l’image de la ville ocre et de tout le pays et un sujet brûlant qui continue à faire couler beaucoup d’encre et des larmes.

 

De tristes précédents…

 

Les ONG avancent un chiffre alarmant: le viol de quelque 26.000 enfants par an, soit 71 par jour! Rappel de quelques faits…
• L’affaire du pédophile espagnol Daniel Galvan, gracié puis emprisonné en Espagne, a fait grand bruit. Il avait été condamné en 2011 au Maroc à 30 ans de prison pour des viols sur 11 mineurs âgés de 4 à 15 ans.
• Fattouma El Ghandour a été enlevée, violée et assassinée en mai 2013 à Taroudant. La petite fille était âgée de 2 ans…
• Abdessamad a 11 ans quand son père découvre en mai 2013 qu’il a été violé par un vendeur ambulant de 50 ans dans son quartier à Taroudant. L’homme a écopé d’un an de prison.
• Wiam, âgée de 10 ans, a été agressée sexuellement par un habitant de son quartier à Sidi Kacem. Le cinquantenaire lui a assené de nombreux coups avec une faucille. La vidéo de la petite fille défigurée a fait le tour des médias et des réseaux sociaux.
• Deux jeunes filles mineures sont attirées par la ruse dans le véhicule d’un ressortissant allemand en juillet 2014 dans le nord du Maroc. L’homme écope de 6 mois de prison ferme.
• 20 ans de prison pour le Britannique Robert Bill condamné en avril 2014 par un tribunal de Tétouan pour enlèvement et tentatives de viol sur mineures.

 

Il n’existe pas de viol sans violence!

 

 

                                  Marrakech Pédophile et complice sur le banc des accusés

Toujours en première ligne de front, Najat Anouar, présidente de Touche pas à mon enfant, avoue sa déception. «Ce genre de sanction plus que clémente est une invitation aux pédophiles étrangers à venir abuser de nos enfants. Une incitation claire à la débauche. Nous avons tout l’arsenal juridique nécessaire dans notre pays, reste à appliquer la loi. Nous attendons de la part de nos juges une tolérance zéro, et qu’ils prennent ces victimes au sérieux. Le terme "viol sans violenc" doit être banni de notre langage. Il n’existe pas de viol sans violence!»

 

Tous au combat!

 

Pour l’AMDH, représentée par un membre de son bureau local, Omar Arbib, qui s’est constitué partie civile dans cette affaire, l’absence de prise en charge, tant au niveau médical que psychologique, pénalise les victimes d’agressions sexuelles. «Beaucoup trop de dossiers établis dans les cellules dédiées dans les hôpitaux publics ne sont pas signalés au parquet. Une liaison étroite entre les centres d’aide aux victimes, les services de police et la justice, doit être mise en place».
Pour Arbib, éduquer est une priorité. «Nous avons encore à traiter des dossiers de viols sur mineures que les juges et les familles souhaitent régler par le mariage du violeur à sa victime. Ce qui est contraire à la loi. Les familles préfèrent obéir aux pressions de la société plutôt qu’à la loi et aux droits de leurs enfants. Entre pauvreté, ignorance et exclusion sociale, elles estiment leurs causes perdues d’avance».

 

Stéphanie JACOB

 

 

 

Maroc: Un Français condamné à deux ans de prison ferme pour pédophilie.

 

Un drapeau marocain surplombant la Place Jemaa-el-Fna à Marrakech.

Un drapeau marocain surplombant la Place Jemaa-el-Fna à Marrakech. - PDN/SIPA

 

Un ressortissant français accusé de viols sur mineurs a été condamné jeudi à deux ans de prison ferme par un tribunal de Marrakech, dans le sud du Maroc. Arrêté en novembre, «Jean-Luc G.», un homme d'une soixantaine d'années installé de longue date dans le royaume, faisait l'objet de plaintes d'au moins neuf enfants, qui affirment avoir subi des «actes sexuels» à son domicile en échange de modiques sommes d'argent.

Au terme d'une neuvième audience tenue à huis clos jeudi, le tribunal de première instance de Marrakech a prononcé une peine de deux ans de prison ferme, a indiqué un des avocats des plaignants, Me Abdelilah Techfine.

Il devra également verser 40.000 dirhams

 

L'accusé, condamné pour «détournement de mineurs», devra également verser 40.000 dirhams (environ 3.800 euros) de dommages et intérêts à l'Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendant), qui s'était constituée partie civile et à verser un dirham symbolique au bénéfice d'autres associations.

Me Techfine a toutefois fait part de son intention de faire appel, déplorant notamment le fait que ce procès se soit déroulé «devant un tribunal correctionnel et non une chambre criminelle».

«Ce jugement est satisfaisant dans la mesure où un pédophile est condamné», a pour sa part réagi un responsable de l'AMDH, Omar Arbib. Les dommages et intérêts au bénéfice de l'association «iront à la défense des droits des enfants», a-t-il poursuivi. Dans le cadre d'un autre procès, en parallèle à celui de Jean-Luc G., le père de deux des victimes va comparaître le 4 février en état de liberté pour «incitation à donner de faux témoignages», selon Omar Arbib.

Des pressions sur certains enfants

 

Ce parent est soupçonné «d'avoir fait pression sur ses fils pour qu'ils changent leur témoignage» incriminant le sexagénaire français, a poursuivi Omar Arbib.

Ce nouveau cas de pédophilie a suscité l'émoi dans un pays marqué par diverses affaires de pédophilie au cours des dernières années.