Une aide-soignante licenciée d’un Ehpad pour maltraitance

Elle conteste son licenciement pour faute grave. On lui reproche notamment de ne pas avoir donné un médicament et d’avoir oublié un patient sur les WC pendant 30 minutes.

L’Ehpad reproche à l’aide-soignante des faits qu’il qualifie de «maltraitance».

 

Situation de maltraitance. » Le motif du licenciement pour faute grave de cette aide-soignante fait froid dans le dos.

Les faits, pour désagréables qu’ils soient, sont néanmoins à relativiser.

La direction de cet Ehpad du Calaisis (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) reproche à son ancienne salariée (octobre 2012 à mars 2014) d’avoir, en mars 2014 :

– Oublié de donner un médicament à une patiente (vitamine B12) ;

– Oublié un patient pendant trente minutes sur les toilettes ;

– Pris sa pause pendant que des collègues faisaient la toilette d’une vieille dame plutôt corpulente ;

– Été injoignable sur son téléphone professionnel.

 

Un contexte qui conduit à la faute ?

Des manquements que ne conteste pas l’aide-soignante (elle exerce encore son métier, pour une autre structure).

Pour sa défense le délégué syndical ouvrier Bertrand Peron évoque « un contexte défavorable » d’où émerge la « faute légitime ».

Et de dresser un tableau très noir de l’établissement.

Ce que conteste la direction.

L’Ehpad en question a une capacité de 76 résidents pour 45,5 salariés équivalents temps plein dont 18 aides-soignantes.

« C’est un ratio qui nous est imposé par l’Agence régionale de santé et le Conseil général, explique la directrice de l’Ehpad. Ils m’imposent 18 aides-soignantes, je ne peux pas en avoir 17 ou 19. C’est 18. »

 

Des précédents.

Bertrand Peron dit souligner « une incohérence » puisque l’aide-soignante a été conservée un an et demi.

Il s’interroge : « Pourquoi aussi longtemps si elle est maltraitante ?

– Il y a eu des précédents, réplique Me Marine Gin, qui défend l’Ehpad. En 2013, elle avait été convoquée pour s’expliquer sur le retrait d’un appareil auditif à un patient, parce qu’elle n’avait pas donné d’eau ni respecté le régime alimentaire d’un autre, et laissé des draps souillés de selles dans le lit d’un troisième. »

L’aide-soignante ne comprend pas : « Ça fait quatre ans que je fais ce métier et je n’ai jamais eu aucun problème. »

Elle souhaite que son licenciement soit reconnu abusif et réclame 21 000 euros, tous préjudices confondus.

L’Ehpad demande que le conseil dise que le licenciement pour faute grave est justifié et qu’il déboute l’aide-soignante de toutes ses demandes.

 

A.TH.

Le conseil de prud’hommes de Calais a mis sa décision en délibéré au mois d’octobre