Pédophilie : des groupes de parole organisés en présence de victimes et de prédateurs sexuels

Résultat de recherche d'images pour "logo rtl"  Des tables rondes sont organisées entre victimes et pédophiles. Le concept a séduit les autorités judiciaires puisque ces groupes de parole devraient être organisés en prison.

Pédophilie : des groupes de parole organisés en présence de victimes et de prédateurs sexuelsCrédit Image : Flickr - CC - Jsome1Crédit Média : Maud de Carpentier

PAR MAUD DE CARPENTIER , LA RÉDACTION NUMÉRIQUE DE RTL

 

L'INSERM achève une grande étude pour comprendre le fonctionnement du cerveau des pédophiles.
Mieux comprendre le passage à l'acte, c'est aussi ce que cherche depuis trente ans l'association l'Ange Bleu en organisant des groupes de parole entre des victimes et des pédophiles.

Autour d'une immense table rectangulaire, le petit groupe s'installe. Il comprend 11 participants dont 4 victimes et 7 pédophiles, déjà condamnés ou en attente de jugement. "J'ai été victime d'abus sexuel quand j'étais petit. C'était un ami de ma mère. J'étais complètement replié sur moi-même", raconte-t-il.

Si je fais réfléchir les prédateurs, c'est que je ne suis pas inutile

 

Le jeune homme de 28 ans, victime d'un pédophile quand il en avait 8, vient aux groupes de parole depuis plusieurs mois : "Au début, c'était difficile. J'ai eu du mal avec les premiers face à face avec les prédateurs. Maintenant, je me sens à l'aise. Je trouve ça enrichissant de sentir qu'on peut apporter quelque chose à quelqu'un. Si je fais réfléchir les prédateurs, c'est que je ne suis pas inutile".

Robert, un jeune père et mari de 37 ans est poursuivi pour pédopornographie. "Ton témoignage a été une vraie claque. Ça me permet de prendre conscience qu'il peut y avoir des conséquences pour ces adolescents. Quand j'éteignais l'ordinateur, ils n'existaient plus pour moi. Ici, je personnifie ces personnes", explique-t-il.

 

Ils ont besoin d'une écoute et dans ce cas-là, il est moins dangereux que quelqu'un qui n'a pas d'aide

 

Latifa Bénary organise ces réunions depuis plus de 30 ans. Le but est d'apaiser les victimes et prévenir la récidive : "La libération de la parole aide beaucoup. Ils ont besoin d'une écoute et dans ce cas-là, il est moins dangereux que quelqu'un qui n'a pas d'aide". Cette initiative a séduit les autorités judiciaires puisque ces groupes de paroles devraient être organisés en prison.