Béréniss : Cinq ans de prison pour le ravisseur de Bérényss.

20 Minuten Online Logo   Le ravisseur de la petite Bérényss a été condamné mardi à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Briey, en Meurthe-et-Moselle.

 

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L'homme ne peut pas expliquer pourquoi il a enlevé la fillette.

 

La condamnation pour «enlèvement et séquestration» de cet agriculteur de la Meuse, proche de la cinquantaine et père de trois enfants, est conforme aux réquisitions du parquet. Le tribunal a ordonné son maintien en détention. Il avait été dans un premier temps soupçonné d'agression sexuelle mais les examens n'ont permis de déceler «aucune atteinte physique à l'égard de l'enfant», a rappelé le juge, qui a tenté en vain de comprendre les motivations du ravisseur.

 

À la barre, pull gris trop large et jean, l'homme a été incapable d'expliquer pourquoi il avait enlevé Bérényss le 23 avril 2015 vers 15h00, en lui proposant des bonbons alors qu'elle faisait du vélo tout près de chez elle, à Sancy, en Meurthe-et-Moselle. «Vos 'je ne sais pas' sont épuisants», a lancé Emily Bandel, vice-procureure à Briey. Il avait emmené la fillette dans sa ferme de Montzéville (Meuse), à 75 km de là.

 

Confondu par son ADN

 

Alors que l'annonce du déclenchement d'une «alerte enlèvement» était abondamment relayé par les médias, il l'avait libérée vers 23h, en la déposant devant une maison de Grandpré, dans le département voisin des Ardennes. Une femme médecin, habitant la maison, l'avait recueillie et avait aussitôt prévenu ses parents, parties civiles au procès. «En l'enlevant vous lui avez volé son enfance, son insouciance», a déclaré Mme Bandel, avant de requérir 5 ans de prison ferme, la peine maximum encourue, et la privation de ses droits civiques pendant 10 ans.

 

Pour la défense, Me Caroline Pelas-Renoir a reconnu que l'on «attendait mieux» comme explication de la part de son client. Elle a aussi rappelé que selon l'expertise psychiatrique, son client n'était pas «dangereux», et «était sincère dans sa culpabilité». Le prévenu avait été confondu par son ADN, trouvé sur des vêtements de la fillette. Son profil génétique figurait dans le fichier des enquêteurs depuis quelques semaines seulement: il avait été contraint à un prélèvement ADN dans le cadre d'une autre plainte pour agressions sexuelles déposée par trois proches, dont deux de ses nièces. Il sera jugé pour cette affaire à Verdun le 18 mars.

 

(afp)

 
 
Le ravisseur présumé de Bérényss jugé en Meurthe-et-Moselle.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

logo-france-bleu    L’homme de 48 ans arrêté pour le rapt en avril 2015 de Bérényss, est jugé mardi à Briey en Meurthe-et-Moselle. L’ "alerte enlèvement" avait été déclenchée et la fillette avait été retrouvée saine et sauve après huit heures de séquestration.

 

Le domicile du ravisseur présumé de Bérényss à Montzéville (Meuse)

Le domicile du ravisseur présumé de Bérényss à Montzéville (Meuse) © Maxppp

 

Un agriculteur de 48 ans est jugé mardi à Briey en Meurthe-et-Moselle pour l’enlèvement en avril 2015 de Bérényss, 7 ans, ce qui avait donné lieu à une « alerte enlèvement » dans toute la France. La fillette avait finalement été libérée saine et sauve après huit heures de séquestration. Le prévenu, un Meusien, père de trois enfants, est jugé cet après-midi au tribunal correctionnel pour "enlèvement et séquestration". Il n’est pas poursuivi pour agression sexuelle, l’enquête n’ayant pas accrédité la thèse. Il risque cinq ans de prison.

 

23 avril 2015, 15 heures : l’enlèvement

Le parcours du ravisseur présumé de Bérenyss - Aucun(e)

 

L’homme est soupçonné d’avoir enlevé la petite fille le 23 avril 2015 vers 15 heures alors qu’elle faisait du vélo tout près de chez elle à Sancy, en Meurthe-et-Moselle. Il l’aurait emmené dans sa ferme de Montzéville, dans la Meuse, à 75 kilomètres de là, puis l’aurait libérée à 23 heures, en la déposant à Grandpré, dans les Ardennes.

 

23 avril 2015, début de soirée : l’alerte enlèvement est déclenchée.

 

Le dispositif Alerte enlèvement a été mis en place après le rapt de Berenyss - Aucun(e)

 

L’alerte enlèvement a été créée en 2006. Elle consiste à lancer en cas de rapt d’un mineur une alerte massive via une cinquantaine de canaux de diffusion, comme la radio, la télévision, les sites internets, mais aussi les panneaux dans les gares et sur les autoroutes. Mais le dispositif est très encadré. Il faut notamment disposer d’informations pouvant permettre la localisation de la personne recherchée ou du ravisseur.

 

L’alerte enlèvement a été énormément relayée sur Twitter notamment. Un peu avant minuit, la fillette est retrouvée, et l’alerte enlèvement prend fin.

 

 

C’est la médecin de Grandpré qui retrouve l’enfant, comme elle en témoigne sur France Bleu : "Je prenais ma tisane, ma cuisine était allumée, j'ai entendu frapper à la porte, j'ai demandé qui était là, j'ai entendu une voix d'enfant me répondre : «C'est Bérényss». " La médecin contacte alors les parents de Bérényss puis les gendarmes."C'est une petite qui est très calme et psychologiquement très costaud" estime Marie-Alix Lambert. La femme médecin avait passé la soirée en réunion et elle n'était pas au courant de l'alerte enlèvement. C'est en appelant les parents de la petite qu'elle a compris qu'ils étaient "effondrés depuis des heures".

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-ravisseur-presume-de-berenyss-juge-en-meurthe-et-moselle-1456150817#

 

Le Dr Lambert trouve Bérényss en ouvrant sa porte à Grandpré (Ardennes)  - Maxppp

Le Dr Lambert trouve Bérényss en ouvrant sa porte à Grandpré (Ardennes) © Maxppp

 

24 avril 2015 : le ravisseur poursuivi.

Parmi les éléments à la disposition des enquêteurs, un paquet de bonbon retrouvé par terre à côté du vélo abandonné de la petite fille. Bérényss ne connaissait pas son ravisseur qui est parvenu à la faire monter dans sa camionnette en lui proposant des friandises. Les analyses ADN sont en cours, les policiers tentent de faire un portrait-robot avec la petite fille.

 

Quelques jours plus tard, sa mère témoigne sur France Bleu :  "tant qu'il est enfermé, il n'attrapera personne d'autre".

28 avril 2015 : un agriculteur en garde à vue.

Un homme, agriculteur est arrêté dans la Meuse, à son domicile de Montzéville. Il a été confondu par son ADN, relevé sur les vêtements et sous-vêtements de Bérényss. L'individu est inscrit au Fnaeg, le fichier national automatisé des empreintes génétiques : il fait en effet l'objet d'une enquête à Verdun pour agressions sexuelles. Il est mis en cause par deux nièces, mineures, et une proche de sa famille. Le suspect a également été condamné à quatre reprises pour des faits de violence. L'interpellation a d'ailleurs été menée par les gendarmes du GIGN.

 

29 avril 2015 : la mise en examen.

"Il a reconnu les faits d'enlèvement mais il conteste les faits d'agression sexuelle", précise le procureur de Briey, Yves Le Clair, suite à la mise en examen mercredi soir du ravisseur présumé de Bérényss. L'homme est également placé en détention provisoire. Avant le procès, le procureur précise que les faits d'agressions sexuelles n'ont pas été démontrés pendant l'enquête. Le ravisseur présumé n'aurait pas vraiment fourni d'explications à son geste, si ce n'est qu'il connaissait "des difficultés diverses". "On ne comprends pas bien ces explications" conclut le magistrat.