Mort d'un enfant dans le Pas-de-Calais : le supplice de Yanis, 5 ans, dévoilé.

Fichier:LCI logo (2016).png   La mère et le beau-père du petit Yanis sont en garde à vue depuis lundi matin après la mort de l'enfant à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais). L'autopsie et les auditions mettent en lumière le supplice enduré par l'enfant de cinq ans. Le petit Yanis a été puni et frappé parce qu'il avait fait pipi au lit.

 

Pas-de-Calais : un petit garçon de 5 ans meurt, puni pour avoir fait pipi au lit

 

Une punition surréaliste et fatale pour un simple pipi au lit… Au lendemain de la mort du petit Yanis, retrouvé inconscient à proximité d’un canal à Aire-sur-Lys (Pas-de-Calais), le supplice enduré par l’enfant de cinq ans se dessine. Les auditions de la mère et du beau-père, placés en garde à vue lundi matin pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", se poursuivent ce mardi dans les locaux de la gendarmerie de Saint-Omer. Mais les faits ont été requalifiés en "homicide volontaire sur mineur de (moins de) quinze ans".

 

L’autopsie a en effet révélé que le garçonnet était décédé d’un traumatisme crânien suite à des coups à la tête. L’enfant a donc été frappé peu avant ou durant cette nuit glaciale où sa mère et son beau-père l’ont emmené le long d’un chemin de halage près d’un cours d’eau. C’est là qu’ils ont contraint Yanis, vêtu d’une simple culotte mouillée, à courir sur plusieurs kilomètres en pleine nuit noire. Juste parce qu'il avait fait une nouvelle fois pipi au lit. Une punition durant laquelle son beau-père l'a suivi à vélo avec une lampe torche. Une course infernale au bout de laquelle le petit Yanis, trempé et épuisé, s’est effondré. Un malaise qui a poussé son bourreau à appeler les secours. "Le petit garçon a visiblement fait une ou deux chutes lorsqu'il courait, nous explique le procureur de Saint-Omer, Patrick Leleu. Mais les chutes n’expliquent pas à elles seules le décès qui est imputé à des violences volontaires". 

 

La punition et les violences seraient imputées au beau-père

 

Selon les premiers éléments de l'enquête, le beau-père, âgé de 30 ans, a eu le rôle majeur. "On a un mis en cause principal. La punition et les violences seraient imputées au beau-père", confie une source proche du dossier. La mère serait restée plus passive. Le couple n’était pas connu des services sociaux. Il vivait dans une HLM dans le centre d'Aire-sur-la-Lys et avait l’habitude de passer ses week-ends dans un cabanon rudimentaire près des rives du canal où se sont nouées les dernières heures de Yanis. Le beau-père fait mention d’une condamnation pour une blessure involontaire sur un chien. S'il a reconnu avoir infligé une punition à l’enfant durant sa garde à vue, il ne semble pas avoir pris la mesure de son geste. "Il ne se rend pas compte du décalage de la punition qu'il a infligée à l'enfant, poursuit cette source. Ce n'est visiblement pas la première fois que Yanis était puni". Ce mardi matin, le parquet de Saint-Omer s’est dessaisi de l’enquête au profit du parquet de Boulogne-sur-mer, compétent en matière criminelle.

 

Un enfant de cinq ans a perdu la vie à Aire-sur-la-Lys dans la nuit de dimanche à lundi dans des "conditions suspectes", selon le procureur de la République de Saint-Omer. La mère et son compagnon ont été placés en garde à vue.

 

Un petit garçon de cinq ans est décédé lundi dans "des conditions suspectes" à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), a appris LCI de sources proches de l'enquête. La mère de l'enfant et son compagnon ont été placés en garde à vue pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a indiqué le parquet de Saint-Omer.

 

Des traces de coups

 

Les explications du couple, qui avait appelé les secours dans la nuit de lundi à mardi, restent troubles. Selon nos informations, le petit garçon a été retrouvé sur un terrain près d'un cabanon qui appartiendrait au couple. Une punition aurait été avancée pour expliquer le drame. L’enfant aurait fait pipi au lit et son beau-père l’aurait alors forcé à courir dehors. Le garçonnet aurait été pris d'un malaise. A l'arrivée des secours, le petit garçon était en arrêt cardio-respiratoire. La petite victime présentait des traces de coups sur le corps. 

 

L'enquête, confiée à la brigade de recherches de Saint-Omer, et les auditions des deux gardés à vue qui se poursuivent devraient permettre de faire la lumière sur les circonstances exactes du drame. La mère, âgée de 23 ans, et le beau-père, âgé de 31 ans, tous deux sans profession, n'étaient pas connus des services de police.