Quand l'adolescent rentre à la maison ...

 

 

Quand l'adolescent rentre à la maison ...

 

 

Votre adolescent a fugué, cet acte montre qu’il y a un malaise. Il revient à la maison. Certes pas toujours de son plein gré, mais vous vous réjouissez de cette avancée. Un mélange de sentiments et de questionnement a certainement commencé à vous envahir : « Quel soulagement, il est là ! Je suis en colère, et tellement content(e) de le revoir, j’ai eu si peur… Et maintenant qu’est-ce que je dois faire ? Pourquoi est-il parti ? Comment faire pour qu’il ne fugue pas à nouveau ? Qu’est-ce qui a manqué dans notre relation ? Que lui est-il arrivé ? ». Autant de questions auxquelles vous allez devoir trouver des réponses. Ce n’est pas parce que votre adolescent est rentré que le problème est pour autant résolu …

 

 

Renouer le dialogue

 

En tant que parent, il va être essentiel de tenter de comprendre, sans jugement ou interprétation personnelle, le sens que prend la fugue pour votre adolescent, de façon à identifier les malaises auxquels elle répond, et ainsi envisager des alternatives pour éviter sa répétition.

En premier lieu, vous pouvez chercher à connaître les raisons de sa fugue. Il est important de comprendre que, pour votre adolescent, sa fugue est un sujet très sérieux.

Il va peut-être vous parler de cette « goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Si vous vous arrêtez sur la goutte d’eau qui peut vous sembler anodine et susciter votre incompréhension, vous ne comprendrez pas ce qui est en jeu. Il va falloir plutôt chercher à comprendre pourquoi le vase est plein.

En fuguant, il vous dit qu’il préfère être ailleurs, voire même dans la rue, plutôt que de continuer à vivre avec le problème qui le questionne. Si vous ne prenez pas en compte les causes du problème, votre ado se retrouvera dans une situation semblable à celle qu’il a voulu fuir. Les risques de récidives pourront alors exister. En tentant de rationnaliser ou de banaliser le problème, vous risqueriez d’accentuer sa sensation d’être incompris. Il s’agira, pour vous en tant que parent, de mettre de côté votre colère pour tenter de renouer le lien avec lui.
En adoptant un ton calme et compréhensif, l’amorce de la conversation peut être facilitée. Sans nécessairement l’axer sur son acte, elle peut être l’occasion de le questionner sur son ressenti, à la maison mais aussi en général, sur le « pourquoi », à ce moment-là précisément, il a eu besoin de s’en aller …

Votre adolescent peut ne pas être disposé à s’ouvrir à vous dès son arrivée. Inutile de le culpabiliser, il se sent sans doute déjà terriblement gêné par la situation et peut avoir très peur d’être puni. Et puis ce n’est pas forcément un échec. Peut-être qu’il estime que les tensions sont encore trop vives, dans ce cas il peut être judicieux d’ouvrir le dialogue en envisageant de reporter la discussion. Attention reporter la discussion ne veut pas dire l’ignorer ou l’éviter. Par cet échange, vous pourrez offrir un espace de parole, d’écoute, de discussion et de réflexion quand vous aurez chacun pris un peu de recul. Il entendra certainement ainsi que vous êtes disposé(e) à chercher une solution acceptable au conflit.

 

 

Une attitude bienveillante et réconfortante

 

Votre adolescent a pu, lors de sa fugue, vivre des expériences où il s’est senti vulnérable (mauvaises rencontres, difficultés financières, ou de logement). Il semble important alors, tant que possible, de garder une attitude bienveillante, pour contribuer à rendre l’ambiance familiale plus apaisée voire sécurisante.

Un adolescent qui fugue aura besoin de parler de son expérience. Lorsqu’il se sentira en confiance, il cherchera une écoute attentive qui lui sera d’un grand réconfort. Il peut être difficile pour lui d’exprimer en mots ce qu’il ressent. En tant que parent, vous pouvez l’aider à trouver les mots pour exprimer ses pensées et son ressenti, en lui posant des questions par exemple. Vous pouvez aussi lui dire ce que vous avez compris de là où il en est, du problème qu’il évoque, mais lui parler aussi de votre propre ressenti.

Votre enfant a besoin de comprendre que son avenir vous importe. En lui exprimant clairement ce que vous avez éprouvé durant cette épreuve et ce que vous ressentez, il pourra mesurer l’impact que son absence a eu sur l’environnement familial, et donc l’attachement et l’amour que vous avez pour lui.

 

 

Et après ?

 

La négociation. Puis vient le temps de la négociation, un temps où chacun tente d’avancer vers l’autre sans pour autant céder à tout. C’est un temps qui permet d’élaborer des solutions ensemble. Cela ne signifie pas que tout soit à négocier… En tant que parents, c’est à vous d’en déterminer les limites.

Gérer la situation. La résolution de problèmes ne se fait pas en un coup de baguette magique. Il faut du temps là encore. Ce temps-là est nécessaire pour désamorcer les tensions et faire en sorte que votre relation s’améliore. Dans ce contexte, il semble important d’être vigilant quant à ce que vous acceptez de négocier, mais également de respecter les engagements que vous prenez auprès de votre enfant.

 

Ou trouver de l’aide ?

 

Il peut arriver que, dans certains cas, vous vous sentiez dépassé(e) ou démuni(e) par ce que vous raconte votre adolescent. Votre rôle peut être aussi de l’accompagner dans une démarche vers un professionnel (médecins, psychologue, psychiatre,…).

Il existe des lieux adaptés conçus pour vous accueillir et vous aider : vous, votre adolescent, les deux. Les professionnels présents dans les « Points Accueil Ecoute Jeunes » (PAEJ), les « Maisons Départementales des Adolescents » ou encore les « Café des parents » vous offrent des espaces visant à favoriser les échanges et la médiation avec l’adolescent.

Lui offrir de pouvoir choisir à qui il veut se confier contribue aussi à la recherche de sens.