Une disparition inquiétante, qu’est-ce que c’est ?

Une disparition inquiétante, qu’est-ce que c’est ?

 

ENQUETE – Le lieutenant-colonel Jackie Dimus, de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) a expliqué à «20 Minutes» comment se déroule une enquête pour disparition…

 

Ludivine Adnot, 17 ans, habitant près de Soissons dans l'Aisne, est portée disparue depuis mercredi. La gendarmerie a jugé cette disparition «inquiétante» et organisé des recherches systématiques aux abords de son domicile.

 

Qu’est-ce qui rend une disparition inquiétante et comment choisit-on les moyens mis en œuvre pour retrouver la personne? Le lieutenant-colonel Jackie Dimus, de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) a expliqué à 20 Minutes comment se déroule une enquête pour disparition.

 

Quand une disparition est-elle jugée inquiétante?

 

Tout signalement de disparition d’un mineur ou d’un majeur protégé (sous tutelle, curatelle…) est considéré comme inquiétant. Pour un adulte sans protection, la qualification se fera au cas par cas, «selon les circonstances. Il faut savoir pour quelle raison les personnes qui viennent signaler une disparition sont inquiètes. Etat de santé, âge ou tendances suicidaires, les enquêteurs prennent en compte chaque détail pour déclarer ou pas la disparition inquiétante.

 

Le disparu est inscrit au fichier des personnes recherchées. Si une disparition est jugée inquiétante, son signalement sera communiqué au niveau national dans les deux heures. Toutes les gendarmeries et tous les commissariats de France sauront que cette personne est recherchée.

 

 

Quelles sont les étapes de l’enquête une fois la disparition signalée?

 

L’enquête commence dès l’audition du proche qui signale la disparition. La personne suit-elle un traitement médical? Est-elle partie à pied ou en voiture? Il faut d’abord brosser le portrait de cette personne. Ensuite avoir des informations sur son entourage pour savoir chez qui elle aurait pu aller par exemple.

 

Il faut aussi connaître le plus précisément possible les circonstances de la disparition, situer le jour, le lieu et le créneau horaire.

 

L’audition de l’environnement de la personne disparue commence. Sa famille, ses proches… Si le lieu présumé de la disparition est connu, il est gelé pour pouvoir utiliser par exemple des chiens de piste, pour suivre la trace de la personne.

 

A quel moment décide-t-on ou pas de lancer une battue, d’appeler un hélicoptère?

 

Tout dépend de la situation. Pour les chiens de piste, c’est très compliqué en zone urbaine, où les odeurs sont noyées dans la foule. Alors que ça peut être très utile en zone rurale. L’engagement d’un hélicoptère ne sert pas beaucoup dans une cité. Mais dans le milieu urbain, dans le métro ou le RER par exemple, on va pouvoir visionner les caméras de surveillance… Tout dépend du terrain mais le but est de savoir où la personne est allée.

 

Dans tous les cas, les moyens sont mis en œuvre rapidement, hélicoptère, plongeurs, chiens…

 

Et si on ne connaît pas le lieu de disparition?

 

Dans ce cas, les recherches vont d’abord se concentrer sur les habitudes de la personne disparue, son emploi du temps. Les policiers ou gendarmes vont vérifier les lieux fréquentés habituellement, savoir où la personne a pu partir, avec qui.

 

Si elle est partie avec une voiture, le véhicule est signalé.

 

Comment les choses évoluent si la personne n’est pas retrouvée rapidement?

 

Une disparition est une enquête judiciaire à part entière, on suit les indices. Les relations avec la famille sont régulières. Il faut savoir s’ils ont eu des nouvelles qui pourraient être utiles à l’enquête.

 

A quel moment peut-on signaler la disparition d’un adulte? Y a-t-il un délai avant de faire une déclaration à la police ou la gendarmerie?

 

Absolument pas. Les signalements peuvent être faits 24/24 heures