Personnes disparues. Le sacerdoce des enquêteurs

 

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19 novembre 2011

 

«ARPD» permet aux familles de retrouver un proche disparu. L'association souhaite se faire connaître. Une permanence est créée une fois par mois.

 

Assistance et Recherche de Personnes disparues (ARPD) oeuvre depuis des années sur l'ensemble du territoire français, et même au-delà, pour permettre aux familles de retrouver un proche, majeur ou mineur. Devant le désarroi ou l'incompréhension d'un père ou d'une mère, les services de l'État, la gendarmerie ou la police, sont très souvent sans moyens. Particulièrement pour une personne majeure. Fugues, disparitions, enlèvements, abandon volontaire du domicile deviennent une véritable douleur pour ceux qui restent. Ne pas savoir peut devenir une torture mentale. 

Des «détectives privés» 

Alors, lorsque les voies officielles doivent baisser les bras et mettre un dossier au placard, les enquêteurs de l'ARPD entrent en lice, après dépôt, par les familles, d'une recherche dans l'intérêt des familles (RIF). Ce sésame en poche, ils se mettent en quête d'indices, tels des détectives privés. Leurs sources sont multiples: internet, bien sûr, mais également les fichiers de la Sécu, des banques, des hôpitaux et d'autres réseaux tenus secrets. Ils sont une centaine en France et agissent sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Bénévoles, ils travaillent dans un domaine où la sensibilité, la diplomatie et l'écoute sont des qualités indispensables. Au même titre que la patience et l'opiniâtreté. Le service rendu est d'utilité publique. Pour autant, le profil bas est de mise. Respect et délicatesse sont également à leur crédit. 

35 enquêteurs 

Depuis cinq ans, l'ARPD Bretagne Grand Ouest s'est mise au diapason. Trente-cinq enquêteurs se vouent corps et âme à leur mission. Le Fouesnantais André Monfort est l'un de ces infatigables pèlerins. En deux ans, il aura résolu plusieurs dossiers. «Récemment, j'ai retrouvé la trace d'une femme de 92 ans, disparue depuis 1945. Elle habitait au Canada». L'homme se veut moins disert sur des histoires moins reluisantes, difficiles à entendre ou à vivre. «Telle cette personne qui s'est suicidée à 800m de son domicile». On n'en saura pas plus. Mais quelle fut sa motivation première? «Lorsque l'heure de la retraite a sonné, je recherchais une activité. J'ai ressenti un déclic en lisant un article du Télégramme sur l'ARPD». Dès lors, André Monfort vit son activité comme un sacerdoce. «Mais nous souhaitons nous faire connaître. Les gens ont du mal à faire le premier pas. Pour les aider, nous allons tenir une permanence, tous les 3e samedi du mois au Pôle Associatif de Fouesnant, de 10h à 12h». Contact Tél.06.32.78.29.25. ou 06.83.25.39.92