Personnes disparues : une association agit

 

 

 

 

 

Ouest France

 

Les bénévoles conseillent les familles et font des enquêtes sur le terrain. Ils travaillent en partenariat avec les autorités judiciaires.
« Un proche majeur ou mineur qui part un jour sans laisser d'adresse, cela peut arriver dans toutes les familles. L'inquiétude est dans ce cas-là de fort mauvaise compagnie. »

 

Pascale Bathany est présidente régionale d'Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD). Cette association, dont le siège est à Guipavas, a été créée en mai 2006.

« Nous intervenons à la demande des famillesOn apporte une aide au niveau administratif, on enquête et, parfois, on met en place une médiation entre la personne retrouvée et sa famille. » Mais il faut l'accord des deux parties. « Car tout adulte a le droit de disparaître. »

Un réseau précieux

L'association, qui a une antenne nationale, est reconnue par la délégation d'aide aux victimes du ministère de l'Intérieur. « Nous ne substituons pas à la police ou à la gendarmerie, bien au contraire, affirme Pascale Bathany. On agit en complémentarité avec eux. »

Ainsi, « avant de nous confier un dossier, la famille doit impérativement avoir déposé une recherche dans l'intérêt des familles auprès de la préfecture ou une inscription au fichier des personnes recherchées. Nous communiquons d'ailleurs toutes nos informations aux autorités judiciaires. »

Sur les quatre départements bretons, 30 bénévoles sont répartis en équipes et répondent aux demandes de leur secteur. Depuis 2006, près de 130 dossiers ont été traités au niveau régional. Le taux de réussite est de 60 %.

« Il y a des dénouements heureux, raconte Pascale Bathany. Récemment, une femme, à la veille de sa mort, nous a contactés pour retrouver son fils qu'elle n'avait pas vu depuis trente ans. Il habitait à 30 km de chez elle. Et il a accepté de revoir sa mère. » Mais il y a aussi des histoires qui se terminent mal. « On retrouve des personnes décédées. Il faut, dans ce cas-là, être présent auprès des familles. »

L'association privilégie l'écoute et le soutien moral. « On instaure une relation de confiance qui permet parfois d'obtenir le maximum d'informations, ajoute Alain Mérour, bénévole. Des enquêteurs vont également sur le terrain en frappant aux portes. »

La force de l'ARPD, c'est son réseau : « On a des contacts dans les administrations. Des gens qui nous aident et dont les renseignements sont très précieux. »

Enlèvements d'enfants

Le rôle de l'ARPD, c'est aussi de médiatiser certaines affaires pour les sortir de l'oubli. « C'est notamment le cas de Gaëlle et Arthur disparus à Tahiti. Les grands-parents d'Auray nous ont contactés. Il y a eu récemment un reportage sur M6. On a fait circuler des pétitions. Résultat : l'enquête officielle est rouverte. »

Ces dernières années, les demandes se multiplient, selon la présidente. « Notamment les dossiers d'enlèvements d'enfants. De même que le nombre de parents qui recherchent leurs enfants. Un constat : les conflits familiaux sont à l'origine de nombreuses disparitions. »

Lucile VANWEYDEVELDT.   Ouest-France