Le cauchemar des enfants disparus

 

 

Publié le 10/09/2017 à 07:05, Mis à jour le 10/09/2017 à 10:04

Le cauchemar des enfants disparus

 

 

Un avis de recherche placardé le 11 mars 2016 sur l'île d'Oléron XAVIER LEOTY  /  AFP/Archives

 

La disparition de la petite Maëlys, le 26 août en Isère remet en lumière le drame de ces enfants qu'on ne retrouve jamais, comme Marion à Agen ou Estelle à Guermantes. Les techniques d'enquête évoluent… pas assez vite pour les familles.

 

Une salle des fêtes où l'on festoie depuis déjà six heures, où la musique bat son plein, où la fatigue commence à poindre, et soudain, c'est la panique : Maëlys, 9 ans est introuvable…

Cette soirée du 26 juin restera comme un cauchemar pour tous ceux qui étaient présents à ce mariage, à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Un drame, comme il y en a encore beaucoup trop en France. Celui des disparitions d'enfants.

 

On estime que près de 50 000 enfants disparaissent chaque année. Heureusement, l'immense majorité d'entre eux seront retrouvés dans les heures ou les jours qui suivent. Celui-ci s'était égaré au supermarché, celle-là a été oubliée sur une aire d'autoroute. Pour beaucoup d'enfants aussi, il s'agit d'une fugue. Un départ volontaire qui exprime un malaise, l'envie de faire passer un message à ses parents et au reste du monde. Il s'agit souvent d'une expérience initiatique, qui pour douloureuse et éprouvante qu'elle soit, peut avoir une issue positive.

 

Hélas, les fugues peuvent aussi durer, avec des jeunes qui ne veulent plus rentrer, et qui sont alors la proie de tous les dangers : errance, drogue, prostitution…

Autre cause de disparition, qui est de plus en plus fréquente, il s'agit des «enlèvements parentaux». Le père ou la mère qui n'a pas obtenu la garde enlève son propre enfant, pour le soustraire à son ex-conjoint. Là aussi, ces crises peuvent avoir des issues heureuses, ou tragiques, avec un enfant que l'on entraîne dans sa propre mort.

 

Reste enfin quelques cas, rarissimes, mais insupportables : ceux où l'enfant disparaît, dans des circonstances très inquiétantes et sans laisser la moindre trace. C'est le cas de Marion Wagon, à Agen, d'Estelle Mouzin à Guermantes. Volatilisées. Des années d'enquête n'ont rien donné. Depuis les parents sont dans la plus totale incertitude. Et donc, dans l'impossibilité de faire le deuil. Il y aurait une quinzaine de cas non élucidés, actuellement, en France. Mais il n'existe pas de fichier officiel, qui puisse être consulté, ce que réclament notamment les associations.

 

C'est aussi sous la pression de ces associations que «l'alerte enlèvement» a été organisée et peut être désormais déclenchée. Jusque-là, cette procédure, qui inonde le territoire de flashs et d'annonces, a montré son efficacité à 100 %. Mais elle ne peut pas être mise en œuvre n'importe quand. On doit être sûr qu'il s'agit bien d'un enlèvement, ce qui par exemple, n'était pas le cas le 26 août dernier, lorsque Maëlys à disparu.

 

Depuis l'affaire Marion, de gros progrès ont été faits en matière d'enquête, notamment en figeant le plus vite possible les «scènes de crime», en utilisant les analyses ADN, et en croisant les fichiers informatiques. Mais ce que réclament aussi les parents de victimes, ce sont des policiers et des magistrats spécialisés, qui puissent conserver ces dossiers dans la durée : dans l'affaire de la disparition de la petite Estelle, les parents ont connu successivement sept juges d'instruction. À chaque fois, il faut repartir à zéro. En plus de la douleur et du chagrin.

D. D.



Ajouté le 10/09/2017 par Pascale - INFO