La fin du déni ?

 

 

 

 

 

Publié le 10/09/2017 à 07:08

La fin du déni ?

Éditorial Dominique Delpiroux article la dépêche.fr

 

La fin du déni ?

 

Le pire n'est jamais certain . Ainsi, s'il est horrible pour des parents, de perdre un enfant , il est encore plus insupportable de le voir « disparaître »

 

Un enfant qui meurt est uneabomination . Mais il est malgré tout possible de faire son deuil , et si ce n'est de tourner la page, du moins de tenter de se reconstruire. Alors que d'être confronté à ce trou noir de l'absence ressemble à une torture perpétuelle. Les parents ne savent rien de ce qui s'est passé, et peuvent imaginer les scénarios les plus terrifiants. Et en même temps , tant qu'ils ne seront pasconfrontés à un corps ou à une certitude, ils garderont un gramme d'espoir, comme un poisonlancinant.

Voilà sans doute pourquoi des affaires comme celle de Maëlys, de Marion, d' Estelle nous bouleversent, car elles nous font partager le cauchemar de ces parents dont les plaies restent àvif. À chaque nouveau drame, on espère que ce soit le dernier… L'espoir peut venir des leçons que l'on peut tirer des erreurs du passé. Elles ont été dramatiques et nombreuses. 

 

Il y a 20 ansà Agen, lorsque les parents de la petite Marion 

 

qui devait rentrer manger chez elle à midi – ont tiré la sonnette d'alarme , on leur a dit de patienter, que c'était sans doute une fugue. De la même manière, il a fallu attendre la loi de 2002 pour qu'apparaisse la notion de disparition inquiétante ou suspecte pour les adultes. Lorsque les familles d'un disparu s'inquiétaient, on leur répondait qu'il était de la liberté de chacun de s'escamoter, pour éventuellement se recommencer une vie ailleurs… Fugue pour les enfants , disparition volontaire pour les adultes, les pouvoirs publics étaient dans une sorte de grand déni. Disparus, vous dites ? Alors, il n'y a rien à voir ? Circulez ! Un vrai boulevard pour Émile Louis ou Michel Fourniret…

 

Depuis, les choses ont changé. Ainsi, quelques heures seulement après la disparition de Maëlys ,

l'hélicoptère de la gendarmerie était là, la procureure aussi. Personne n'a osé parler de fugue. De nos jours , on piste et on « borne » les téléphones , les scènes de crime sont préservées, on y cherche l'ADN, les traces, les empreintes, bien mieux qu'à l' époque du petit Grégory , où des centaines de journalistes ont piétiné les bords de la Vologne avec leurs godillots. Aujourd'hui, des « cold case » , des vieilles affaires sont résolues, grâce à destechniques et des méthodes qui n'existaient pas autrefois . Mais cela ne suffit pas toujours. Malgré une enquête bien ficelée, toutes les vérités ne sont pas encore connues dans l' affaireMaëlys. Le seront-elles un jour ?

Pour nos enfants, le danger est infinitésimal. Mais il existe bien réellement. La preuve en est cruelle. Voilà qui ne peut qu'inciter les parents à la prudence. Même un soir de fête où personne n'avait invité le malheur.

La Dépêche du Midi



Ajouté le 10/09/2017 par Pascale - INFO