Nordine a-t'il fait une mauvaise rencontre ?

 

 

La mère d'un disparu réclame une enquête sur le rôle de Nordahl Lelandais : "A-t-il fait une mauvaise rencontre?"

 

 

 14h00 , le 24 décembre 2017, modifié à 14h12 , le 24 décembre 2017Europe 1

 

Vendredi 22 décembre, l’avocate d’Ourida Ghazali, dont le fils Nordine a disparu à Chambéry en juillet 2015, a adressé une requête au procureur de la République de Chambéry pour de nouvelles vérifications concernant le bornage des téléphones portables de Nordahl Lelandais.

 

 

L'hôpital de Chambéry, où Nordine a été vu pour la dernière fois en 2015. (Google Street View)

 

"Nordine avait insisté pour que nous revenions en vacances aux thermes de Brides-les-Bains avec son plus jeune fils qui avait alors 11 ans car il voulait lui faire connaître cet endroit qu’il avait adoré. Pendant notre séjour, il a dû être hospitalisé en raison d’un problème à un rein. Une nuit, il a été très mal et je l’ai finalement conduit aux urgences. Cela faisait trois jours qu’il était à l’hôpital quand il a disparu. Je l’avais eu au téléphone : il m’avait demandé de lui rapporter des cigarettes. Le temps de faire garder mon petit-fils et de descendre jusqu’à Chambéry, mon fils avait quitté l’hôpital. J’ai demandé à ce que la vidéo surveillance soit exploitée, au moins pour que l’on puisse voir dans quelle direction mon fils était parti ; en vain. J’ai mis des tracts partout, contacté tous les hôpitaux possibles... J’ai dû me résoudre à revenir sur Paris sans mon fils.

 

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L'enquête a conclu à une mort naturelle avec éparpillement du corps

 

En mai 2016, on m’a informé que des ossements avaient été retrouvés et on m’a demandé un objet personnel pour les recherches ADN. Deux mois plus tard, on m’annonce que ces ossements sont ceux de mon fils... Et que j’ai deux jours pour venir les récupérer avant qu’ils ne partent dans une fosse commune. Je suis allée les récupérer à Challes-les-Eaux. Puis j’ai inhumé mon fils en Moselle, où il est né. Quand je suis revenue à Brive les Bains, j’ai vu des gendarmes, la police municipale, un hélicoptère… La pharmacienne m’a expliqué qu’une vieille dame atteinte de la maladie d’Alzheimer était partie du centre où elle était soignée mais qu’on l’avait retrouvée. Les personnes qui ont du fric, on fait ce qu’il faut pour les retrouver…

J’espère que la lumière sera faite pour mon fils mais aussi pour tous les autres disparus.

 

S’il n’y avait pas eu l’ARPD (Assistance Recherche Personnes Disparues), je ne serais plus là. J’ai 71 ans. La disparition d’un fils, c’est une douleur insoutenable. Ce n’est pas normal.

 

Je le revois encore, deux jours avant son entrée à l’hôpital, au bord de la piscine avec son fils… Nordine avait deux enfants qui ont aujourd’hui 22 ans et 13 ans et nous n’avons aucune réponse à leur donner. L’enquête a conclu à une mort naturelle avec éparpillement du corps. J’aimerais qu’on m’explique sur quoi reposent de telles conclusions? Je reste sceptique. Son crâne a été découvert par un agriculteur venu chercher un stère de bois à La Ravoire, à près de 7 km de l’hôpital. Des ossements étaient disséminés sur 3 km2 et tous n’ont pas été retrouvés, il manquait notamment l’intégralité du bassin. C’est insupportable de ne pas savoir ce qui est arrivé à mon fils. A-t-il fait une mauvaise rencontre? Dans quelles conditions est-il décédé? C’est vrai aussi qu’il était asthmatique et qu’il n’avait pas sa ventoline avec lui. J’espère que la lumière sera faite pour mon fils mais aussi pour tous les autres disparus. Nous sommes des écorchés vifs.

 

Lorsqu’une personne de votre famille disparaît, vous n’avez aucune aide. Vous avez beau frapper à toutes les portes, vous n’êtes pas reconnus. Vous restez là, avec votre souffrance, à côté de la plaque. Je ne veux pas me faire d’idée, je ne veux plus de faux espoirs."



Ajouté le 26/12/2017 par Pascale - INFO