Unies, des familles de disparus en quête de vérité.

Unies, des familles de disparus en quête de vérité.

 

Bernard Valézy, commissaire, aujourd’hui vice- président de

l'association de recherche des personnes disparues (ARPD). Une réunion s’est tenue à Lyon le 1er février avec 11 familles. Photo Le DL/ Stéphan DUDZINSKI

Hier, dans la mairie du 3e arrondissement de Lyon, onze familles de disparus se sont réunies à l’initiative de l’association de recherche des personnes disparues.

 

C’est la première fois que ces familles se rencontraient physiquement. Elles se connaissaient parfois de nom, après avoir lu ou vu des sujets dans les médias , traitant de la disparition de leur proche en Isère ,dans les deux Savoie, dans la Drôme ou dans la Loire.

 

Car ces onze familles, réunies hier dans une salle de la mairie du 3e arrondissement de Lyon, ont le même point commun. Un de leurs proches a disparu un jour, sans laisser de trace. Et depuis des annéespour certaines d’entre elles, il n’y a rien d’autre que le fait de ne rien savoir.
 

Toutes font aujourd’hui partie de l’association ARPD ( Assistance et recherche des personnes disparues, voir par ailleurs). L’association les a réunies hier car l’affaire Nordahl Lelandais a mis un énorme coup de pied dans lafourmilière des "cold case ", ces fameuses affaires non élucidées que la justice semblait avoir oubliées.

 

Et si la prudence est de mise , aucun lien avéré n’existe encore avec le principal suspect dans la disparition de la petite Maëlys et l’assassinat du caporal Noyer, l’espoir d’avoir une réponse renait.

 

Une véritable thérapie de groupe.
 

Les échanges qu’ont eus ces onze familles hier, pendant près de deux heures , ont eu l’effet d’une thérapie de groupe. Toutes ont évoqué un véritable parcours du combattant lorsqu’elles ont alerté la police ou la gendarmerie sur la disparition de leur fils, de leur fille, de leur frère ou de leur compagnon.

En matière de personne majeure disparue, toute la difficulté est de juger l’urgence ou du facteur inquiétant.

Pour Nathalie , la sœur de Lucie Roux disparue à Chambéry en 2012 : « C’est comme avec un médecin généraliste , 98 % des patients n’ont rien et seuls 2 % sont vraiment en danger. Et il faut savoir faire le tri. »

Le fils de Marie-France Fiorello, Adrien a disparu en 2010. Étudiant à Saint-Etienne , son téléphone a borné pour la dernière fois à Chambéry. Pour cette mère rongée par ses questions depuis huitans, cette réunion avec l’ARPD a été vécue comme une bouffée d’oxygène : « Entendre ces familles qui ont les mêmes souffrances que nous et qui les partagent, c’est important. C’est comme si on faisait partie d’une seule et même famille. »

 

Marie-France Fiorello a aussi trouvé auprès de l’association une aide précieuse quand elle menait ses propres investigations : « Quand Adrien a disparu, je ne savais même pas ouvrir un ordinateur. Je ne connaissais rien aux réseaux sociaux . L’ARPD m’a guidée et m’a permis de comprendre Facebook par exemple. Et j’ai eu plein de renseignements ensuite ».

 

Aujourd’hui, cette mère se dit prête à affronter le pire : « Mais j’ai besoin de savoir. Et j’espère que tout ce qui se passe en ce moment permettra à la justice de trouver ».
 

Cette semaine , le procureur de Grenoble , Jean -Yves Coquillat a rouvert quatre dossiers de disparition non résolue. Des recoupements vont être effectués avec le parcours de Nordahl Lelandais. Les familles attendent maintenant qu’on leur dise si cette porte doit être définitivement fermée. Et dans ce cas, elles espèrent que le nouvel élan donné à leur affaire permettra enfin de connaître la vérité.

 

Par Stéphan DUDZINSKI | Publié le 02/02/2018 à 06:05 

 



Ajouté le 02/02/2018 par Pascale - INFO