Alessia et Livia SCHEPP qui ont été enlevées, le 30 janvier 2011

Dossier confié à l'A.R.P.D

Alissia et Livia sont deux jumelles âgées de 6 ans, qui ont été enlevées, le 30 janvier 2011 ; par leur père à leur domicile à Saint-Sulpice, dans le canton de Vaud, à l'ouest de la Suisse.

Matthias Schepp a kidnappé ses enfants à bord de la voiture de son épouse, Irina Lucidi, une Italienne de 44 ans, dont il est séparé. D'habitude la garde des fillettes est assurée en alternance par le père et la mère. Le 31 janvier, la maman reçoie une carte postale de son ex-compagnon, qui vivait mal leur séparation.

D'après le cachet de la poste, elle a été envoyée depuis Marseille. Dans ce courrier, il lui confie son désespoir et affirme ne pas pouvoir vivre sans elle.

Le 4 février, Irina Lucidi se présente à la police française à la recherche de ses filles à Marseille. Et le même jour, le corps sans vie de Matthias Schepp est retrouvé sur une voie de chemin de fer de la gare de Cerignola, dans la région des Pouilles, au sud de l'Italie.

Les enquêteurs identifient également le véhicule volé. Un testament rédigé par le père à l'intention de ses filles, de sa femme et de quelques proches, est découvert à son domicile. Il est daté du 27 janvier.


Si vous avez des informations contactez L'ARPD au : 01 39 91 55 46 ou 06 75 76 81 47.

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Alessia et Livia Schepp :

La mère des fillettes a accepté pour la première fois de parler de son ex-mari. Et de leur vie de couple cauchemardesque.

Jumelles disparues Les polices suisse, italienne et française recherchent activement Alessia et Livia, depuis vendredi 3 février. Les filles ont disparu de leur domicile de Saint-Sulpice (VD). Elles étaient accompagnées par leur père Matthias Schepp, qui s'est donné la mort dans le sud de l'Italie.


«Matthias était un homme autoritaire»

 

«Un homme autoritaire, pour qui les autres n’existaient pas, et qui imposait mille règles à son entourage»…

Pour la première fois, Irina L., la mère d’Alessia et Livia, 6 ans, disparues le 3 février dernier, a accepté de parler de son mari et de sa vie de couple à la presse.

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire italien «Oggi», elle raconte comment son mariage a tourné au cauchemar et tente d’expliquer ce qui a pu pousser Matthias S. à enlever ses fillettes, les faire disparaître et se jeter ensuite sous un train en Italie.

Pour Irina L., le geste de son ex-époux n’avait qu’un objectif: «Il voulait me culpabiliser», assure-t-elle.


«Pour lui je n’existais pas, mais quand il a compris que je ne reviendrais pas, il a imaginé cette punition extrême. Aujourd’hui je veux comprendre comment il a procédé. Un jour, j’espère bientôt, nous le découvrirons»…. Et de poursuivre: «Toutes les variantes du voyage qu’aurait pu accomplir Matthias ont été reconstituées. On y va par exclusion. Au départ, nous avions une trentaine de possibilités, aujourd’hui il en reste peu de valables. J’ai confiance.»

Irina L. se souvient de ses premières années de couple et de la naissance des jumelles comme des moments heureux. Mais en 2007, après l’emménagement de la famille à Saint-Sulpice (VD), les premières incompréhensions sont apparues.

Peu à peu, le climat familial s’est détérioré, le couple s’est enfoncé dans une crise qui a abouti à une séparation, en août 2010.


«Pour Matthias, l’autre n’avait pas d’identité propre. C’était un pion qui devait faire ce qu’il exigeait. Un de nos points de divergences était l’éducation d’Alessia et Livia. Il avait tout réglementé. Ouvrir le frigo, manger, jouer, chaque acte de la vie quotidienne devait être effectué selon un certain schéma.»

«Le soir, c’était le pire moment», ajoute-t-elle. «On ne pouvait rien faire, car c’était lui qui régentait tout. On devait manger à 7 heures, ensuite se laver, se mettre en pyjama, regarder un peu la télévision, aller au lit, raconter une histoire aux filles, et à 9 heures éteindre la lumière. Et gare à qui voulait modifier ce scénario.»

Irina L. comprend encore moins le geste Matthias S. qu’elle ne l’a jamais empêché de garder le contact avec ses filles. «Il pouvait les voir quand il voulait», assure Irina.

«A Noël, je l’ai laissé partir trois semaines avec elles aux Caraïbes. Il était le père de mes enfants. Elles voulaient voir leur papa, elles l’aimaient.»


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Alessia et Livia Schepp vues sur une plage italienne accompagnées d'un couple de Roms.

Disparues depuis le 30 janvier, Alessia et Livia Schepp sont toujours introuvables. Mais un nouveau témoignage, jugé crédible, vient redonner un infime espoir à la famille des jumelles. «Termoli On Line» affirme que la serveuse d'un bar de plage de Termoli (Molise, Italie centrale) a vu les fillettes se promener sur le sable récemment.

Selon son témoignage, Alessia et Livia étaient accompagnées d'un couple de Roms. Dans le doute, la serveuse a appelé son patron, qui a lui aussi reconnu les jumelles.

Les témoins ont raconté qu'ils avaient été frappés par leur maigreur. Alertées, les forces de l'ordre se sont immédiatement rendues sur place. Les recherches se concentrent désormais sur cette zone.

Ce nouveau témoignage intervient alors que l'on attend toujours les résultats de l'analyse de la salive prélevée dans la voiture du père des fillettes.


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Alessia et Livia Schepp :

La salive des jumelles n’a pas pu être exploitée par les enquêteurs.

Les inspecteurs, qui enquêtent sur la disparition des jumelles Livia et Alessia depuis six mois, misaient beaucoup sur les traces de salive retrouvées dans le coffre de la voiture de leur père Matthias S. Ils doivent aujourd’hui déchanter.

«Il y avait trop peu de salive pour des analyses toxicologiques. La salive est inexploitable», déplore le procureur Pascal Gilliéron, en charge de l’enquête. Traces de salive dans le coffre de Matthias S. Cette trace de salive, qui appartient à l’une des deux fillettes, c’est la police italienne qui l’avait prélevée sur le tapis de coffre de la voiture de Matthias S., retrouvée à Cerignola après le suicide de ce dernier le 3 février.

On attendait beaucoup de son analyse car les résultats auraient pu orienter l’enquête, voire la clore jusqu’à nouvel avis, si des traces de somnifères ou de poisons y avaient été décelées. Cette dernière éventualité aurait en effet validé l’hypothèse que Matthias S. aurait ôté la vie de ses jumelles.

On n’en sait finalement pas davantage sur la présence de cette trace de salive dans le coffre. Il pourrait aussi s’agir d’une contamination indirecte, par un objet par exemple. «L’enquête n’est donc pas close», confirme le procureur vaudois.

Disparues depuis janvier C’est le 30 janvier dernier que les jumelles Livia et Alessia ont disparu de Saint-Sulpice, au terme d’un week-end de garde de leur père. Sa cavale, semée de messages terribles à l’adresse de sa femme Irina, a conduit Matthias S. à Genève, Montélimar, Marseille, la Corse puis l’Italie.


Malgré de nombreux témoignages et le travail des polices suisse, française et italienne, Livia et Alessia n’ont plus jamais redonné signe de vie..

Alessia et Livia Schepp : Jacques Corsini tient une station-service à Travo, en Corse. Il est sûr d’avoir vu le père et ses fillettes le 1er février

( LES RÉVÉLATIONS D’UN TÉMOIN OUBLIÉ )

JUMELLES DISPARUES LES RÉVÉLATIONS D’UN TÉMOIN OUBLIÉ

Jacques Corsini tient une station-service à Travo, en Corse. Il est sûr d’avoir vu le père et ses fillettes le 1er février. Son témoignage n’a pas retenu l’attention de la police, mais la précision de ses affirmations est troublante.

Jacques Corsini est un Corse à qui on ne la fait pas. Ce garagiste de Travo, paisible hameau niché sur la route nationale à la sortie de Solenzara, tout près de l’entrée de la base aérienne d’où ont décollé ces derniers mois les avions qui ont participé à la chute de Kadhafi, s’exprime avec une rigueur toute militaire.

«Il avait un pull-over clair sur les épaules» Jacques Corsini, pompiste En ce milieu de journée du 1er février dernier, les clients de sa station Total ne se bousculent pas devant les pompes.

Il était entre 11 h 30 et 12 h 30. «Souviens- toi, tu étais venu chercher le pain pour le déjeuner», rappelle sa femme, Armelle, qui le couve des yeux. Mais ce n’est pas cela qui a imprégné la mémoire de Jacques Corsini. Non, ce qui le taraude depuis des mois, l’irrite même, c’est que les enquêteurs semblent avoir négligé son témoignage. Il est affirmatif: il a bien vu ce jour-là le break Audi A6 noir de Matthias Schepp. Et il était accompagné des jumelles.

Sept mois plus tard, c’est comme un film qui défile à la vue des photos de Matthias Schepp et de Livia et Alessia qu’il tripote nerveusement, assis devant son bureau.


Pour cet homme organisé qui ne laisse rien au hasard quand il vit sa passion et dirige ses groupes de plongée sous-marine dans les abysses de la côte corse, il n’y a pas de place au doute: «Non, un homme seul comme cela, un jour de février avec deux fillettes, non je ne peux pas me tromper.

La coïncidence est trop forte.» UNE FILLETTE DESCEND DE LA VOITURE Pour des raisons inexpliquées, la police française ne semble pas avoir poussé plus loin les investigations autour de ce témoignage qui prouverait que le père était bien présent en Corse accompagné de ses deux fillettes.

Jacques Corsini est d’une précision étonnante: «J’étais accoudé au comptoir quand j’ai vu arriver un break noir, je dirai de marque Audi ou Volkswagen. Le conducteur se trouvait seul à l’avant. Puis la voiture s’est garée devant les pompes. L’homme, avec un pull-over clair sur les épaules, est entré dans la boutique.

De loin, j’ai aperçu une plaque blanche et j’ai cru que c’était un client italien. Comme je suis originaire de la Péninsule, je lui ai dit dans ma langue: «Tiens, des touristes italiens en vacances?» Il m’a répondu, en français, avec un fort accent: «Non, je suis Suisse.» Jacques Corsini fronce les sourcils.

«L’homme est resté seul quelques minutes dans la station. Puis une fillette est descendue de la voiture. Elle était blonde, je crois qu’elle portait des lunettes. Elle s’est approchée du présentoir de bonbons, a pris une sucette.


L’homme lui a dit alors: «Ta sœur, elle est restée dans la voiture? Prendslui quelque chose.» Puis il a payé et ils sont repartis. Je ne suis pas certain que le break n’ait pas fait demi-tour et repris la direction de Porto-Vecchio.» Son témoignage s’arrête là. Mais il est manifestement troublant.

Durant des mois, il a choisi de garder le silence, déconcerté par les affirmations de Sandrine, sa caissière, présente ce mardi-là.

Elle affirmait que le client avait pris du gasoil, ce qui n’est pas compatible avec l’Audi de Matthias Schepp, qui exigeait de l’essence. Mais aujourd’hui Sandrine n’est plus aussi affirmative. Alors Jacques Corsini a choisi de briser le silence.

«Les policiers m’ont téléphoné le samedi alors que je me trouvais en déplacement à Corte, poursuit le garagiste. Ils m’ont questionné et j’ai alors fait le rapprochement avec ce que j’avais vu. Deux jours plus tard, un policier est venu me voir pour examiner les vidéos de surveillance. Mais c’était trop tard, la compression des fichiers avait été effectuée.»

Du coup, la police semble avoir estimé que ce témoignage n’était pas probant devant l’impossibilité de l’étayer par des éléments matériels. L’homme qui pourrait être Matthias Schepp a payé en liquide. «J’ai édité la journée comptable et l’ai mise à disposition de la police, explique encore Jacques Corsini, mais personne n’est venu la récupérer, alors j’ai jeté les documents au bout de plusieurs mois.» Il s’étonne de ne pas avoir été entendu sur procès-verbal.


Son témoignage garde donc tous ses mystères. Livia et Alessia étaient-elles encore en vie le 1er février en milieu de journée? Jacques Corsini en est convaincu. Il le dit, il le répète, il a vu les jumelles accompagnées de leur père. «Il semblait calme, détendu.

Cela me paraît impossible que cet homme-là ait pu tuer des enfants.»

POUR RAPPEL (le 13 février 2011 ): La mère des jumelles suisses portées disparues depuis deux semaines, Irina Lucidi, était dimanche en Corse et a survolé en hélicoptère dans la matinée le sud de l'île avec les enquêteurs.

Jumelles disparues: la mère lance un nouvel appel à témoins.

Alessia et Livia Schepp : le point sur l'enquête en VIDEO ... Depuis le 30 janvier 2011, les polices de trois pays sont mobilisées sur l'enquête des jumelles Françaises disparues et dont le père a été retrouvé mort en Italie. A ce jour, aucune piste sérieuse n'a permis de localiser les fillettes.

7 mois après la disparition d'Alessia et Livia, l’enquête se poursuit en Suisse. Des traces de boue relevées sur les chaussures du père –qui s’est suicidé quelques jours après leur enlèvement en Italie- seraient en cours d’analyse. lessia et Livia ont disparu le 30 janvier dernier à Saint-Sulpice, dans le canton de Vaud.

Leur trace se perd en Corse, au lendemain de leur enlèvement. Après avoir mobilisé les polices italiennes et françaises –initialement co-saisies de l’affaire-, l’enquête est désormais centralisée en Suisse. Avec l’aide de la fondation Swissmissing*, Irina Lucidi multiplie les appels pour mobiliser l’intérêt des médias.

La mère des jumelles se bat pour que l’affaire ne soit pas classée. «Cela me fait très peur, parce que cela veut dire qu'on ne les retrouvera jamais, confiait-elle en juin dernier dans le quotidien suisse «Matin Dimanche». Fin janvier, la disparition des fillettes de six ans faisait la Une des journaux, français et transalpins. La découverte du corps de leur père, le 4 février en gare de Cerignola, en Italie, avait accéléré le dispositif de recherches.


Matthias Schepp, 43 ans, avait enlevé Alessia et Livia au domicile de leur mère, empruntant la voiture de son ex-compagne. Après avoir transité par Annecy (Haute-Savoie), l’ingénieur d’origine canadienne avait rejoint Marseille (Bouches-du-Rhône) pour acheter trois billets de ferry à destination de Propriano (Corse-du-Sud).

La famille aurait embarqué le 31 janvier sur la «Scandola» et le père aurait regagné, seul, le continent le lendemain, effectuant une liaison Bastia-Toulon. Matthias Schepp a envoyé une dernière lettre à sa femme, annonçant qu’Alessia et Liva «reposaient en paix».


«Je voulais mourir avec mes filles mais ça ne s'est pas passé comme ça, écrivait-il. Maintenant je serai le dernier à mourir.» Sa voiture, une Audi A6 noire immatriculée en Suisse, avait été découverte verrouillée à proximité de la gare, sans trace des enfants.

Des traces exploitables ?

«La présence des fillettes sur le bateau est attestée par des témoins, mais ce sont des témoignages, pas une certitude», rappelait en juin dernier Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise. La veille, le procureur de Foggia, Vincenzo Russo, avait révélé dans une émission d’investigation italienne la découverte de salive appartenant à l’une des petites filles dans le coffre du véhicule.

Des traces qui n’ont malheureusement apporté aucun élément concret. D’après la presse italienne, la terre retrouvée sous les chaussures de Matthias Schepp pourrait apporter de nouveaux indices sur son macabre périple.

La trêve estivale retarderait cependant la publication des résultats d’analyse. L’espoir de retrouver les jumelles vivantes reste infime. En avril, une gigantesque battue avait été organisée en Suisse dans la région de Morges. Un témoin avait affirmé avoir vu un homme traînant une imposante valise dans le secteur de la plage du Boiron, à Saint-Prex.

Les consignes communiquées à la police et à la protection civile étaient sans équivoque: «Désormais, vous ne cherchez plus des corps en vie, mais des cadavres», avait révélé l’un des fonctionnaires. *Fondation privée spécialisée dans la recherche de personnes disparues.


Alessia et Livia Schepp: A l'occasion de l'anniversaire des jumelles et du 250e jour de leur disparition, leur maman annonce aujourd'hui la création d'une fondation pour enfants disparus...( VIDEO) Source : www.lematin.ch Missing Children sera basé à St-Sulpice, près du domicile d'Irina Lucidi.

Alessia et Livia Lucidi devraient fêter aujourd'hui leurs 7 ans entourées de leur famille. A l'occasion de leur anniversaire, et 250 jours après leur enlèvement par leur père Matthias S., la maman des jumelles s’exprime face à la presse dans son village de Saint-Sulpice (VD).

La quadragénaire et son frère Valerio détaillent la création d’une fondation pour enfants disparus, Missing Children, basée à proximité de son domicile. Celle-ci sera active dans la recherche des mineurs disparus. Deux silhouettes de fillettes ont été urtilisées pour habiller le logo bleu clair de la fondation.

Elle profitera aussi de l’occasion pour faire un point sur l’enquête concernant la disparition de ses filles. Laquelle est menée en parallèle par les polices suisse, française et italienne, mais semble au point mort depuis des mois. Pour mémoire, les fillettes ont été enlevées par leur père le 30 janvier dernier. Ingénieur chez Philip Morris Neuchâtel, l’homme s’était séparé de son épouse - elle-même juriste sur le site lausannois de l’entreprise - quelques mois auparavant. Il supportait très mal le divorce à venir.


Les enquêteurs l’avaient localisé à Genève, Marseille, en Corse puis en Italie, où il s’était jeté sous un train le soir du 3 février dans les Pouilles. Avant cela, le fuyard avait envoyé plusieurs courriers à son épouse. Il y écrivait notamment, parlant de ses filles:

«Elles reposent en paix, elles n’ont pas souffert, tu ne les reverras jamais.» Une prédiction qui à ce jour fait toujours figure de réalité. 

Les Méfaits de facebook qui font SOUFFRIR LES FAMILLES :

La famille d'Alessia et Livia remet ses soutiens à l’ordre sur internet .

«S’il vous plaît, merci de calmer vos esprits et de ranger vos discordes en dehors de cette page Facebook. La souffrance est suffisante, nous n’avons pas besoin de polémique, de haine et de délation.»

C’est en ces termes directs que la famille des jumelles, disparues à Saint-Sulpice le 30 janvier dernier, vient de s’adresser aux 50 000 internautes qui fréquentent la page «missing Alessia & Livia» sur le réseau social. Après neuf mois d’attente infructueuse, et alors que l’enquête est au point mort, certains commencent en effet à se tirer dans les pattes.

«La seule chose à faire pour soi-disant aider et soutenir, c’est de lever son popotin de derrière son écran. Le reste, petits cœurs, bondieuseries, ou sherlockhoslemries n’est que du pipo.» C’est ce genre de message, récemment publié sur la page Facebook des jumelles, qui a mis le feu aux poudres. Et les réactions ne se sont pas fait attendre. «Il ne faut pas s’étonner du nombre de séparations et de divorces quand on voit cette délation. Alors on peut imaginer qu’un couple en rupture puisse disjoncter», écrit une autre internaute. Une allusion à peine voilée, et d’un goût discutable, aux parents d’Alessia et de Livia.


Et cette autre: «Des coups de gueule, j’en pousse aussi tellement certaines sont bêtement, cruellement optimistes, confites de bons sentiments, se cachant la tête dans le sable comme des autruches.» Bonne ambiance. La famille des jumelles, dont les interventions sont extrêmement rares sur Facebook, a donc posté un message à son tour, demandant aux mauvaises langues de sortir du groupe.

«Nous n’attendons que de la tranquillité, de l’espoir et de la coopération. Merci pour le respect mutuel à la famille et à vous tous.»


Il y a un an, Alessia et Livia disparaissaient .

Les jumelles suisses ont été enlevées par leur père le 30 janvier 2011. Depuis, on est toujours sans nouvelles.

Cela fait un an jour pour jour que les jumelles Alessia et Livia sont portées disparues. Les fillettes suisses, âgées de six ans au moment des faits, avaient été enlevées par leur père à leur domicile en Suisse. Après avoir annoncé à son épouse, avec laquelle il était séparé, qu'il ne ramènerait pas ses filles, il avait démarré un périple qui l'avait conduit en France, puis en Italie où il s'est suicidé le 3 février, soit cinq jours après la disparition des deux fillettes.

Retour sur un an d’enquête menées dans plusieurs pays européens.


Comment les jumelles ont-elles disparu ?

Les deux petites filles, âgées de six ans, sont portées disparues depuis le 30 janvier 2011. C’est la mère des jumelles, Irina Lucidi, qui s’est présentée à la police, affirmant qu’elles avaient été enlevées par leur père, Matthias Schepp, dont elle était séparée.

Le corps de ce dernier a été découvert en Italie, cinq jours plus tard. Et depuis, le mystère sur la disparition des petites filles reste entier. Plusieurs enquêtes ont alors été ouvertes : l’une en Suisse - pays des jumelles -, une autre en France - pays par lequel est passé Matthias Schepp - et une troisième en Italie - pays où le corps de ce dernier a été découvert -.


Où en est l’enquête suisse ?

Les deux fillettes ont été vues pour la dernière fois au domicile de leur mère, à Saint-Sulpice, à l’ouest de la Suisse. C’est le 30 janvier qu’Irina Lucidi a signalé leur disparition. Depuis, les enquêteurs n’ont obtenu aucun témoignage permettant d’affirmer ou d’infirmer que les petites de six ans ont quitté la ville ou même le pays. Et ce, malgré le périple de leur père et les témoignages qui disent avoir vu les jumelles en France notamment. Plusieurs opérations de recherche de grande envergure ont été entreprises dans le pays helvétique.

Les domiciles des parents ont été fouillés plusieurs fois, une enquête de voisinage a été réalisée et quatre bateaux, appartenant à l’employeur du père, ont aussi été minutieusement fouillés, de même que les ports de la région. Un testament a été découvert au domicile du père.

Dans ce document, Matthias Schepp ne donne aucune indication sur la disparition de ses filles. Il a laissé une maison à sa femme, d'autres biens à quelques proches de sa famille, mais l'essentiel irait à ses deux filles.


Où en est l’enquête française ?

Le père des jumelles a vraisemblablement passé la frontière le soir de la disparition des petites filles. Le lendemain, l’homme a été vu dans une agence de voyages de Marseille, dans laquelle il a acheté, seul, un ticket de ferry pour Propriano, en Corse pour trois personnes et pour le soir même.

De la Cité phocéenne, Matthias Schepp a écrit une carte à sa femme, où il lui a expliqué qu’il ne pouvait pas vivre sans elle, avant d’effectuer, deux jours plus tard, des retraits d'argents importants - environ 7.500 euros - dans le centre-ville.

La piste française passe ensuite par l’île de Beauté, lieu emblématique pour Matthias Schepp, car les fillettes auraient été conçues en Corse. Plusieurs témoins ont assuré avoir vu le père des jumelles débarqué du ferry, accompagné d’une femme blonde, mais sans les petites filles.


Où en est l’enquête italienne ?

Après sa virée en France, le père d’Alessia et Livia a été vu à Naples, en Italie, le 3 février. Il aurait envoyé plusieurs courriers à son épouse, ainsi que 8.000 euros. Le soir même, Matthias Schepp s’est suicidé en se jetant sous un train.

Des traces de salives, appartenant à l’une des jumelles, ont aussi été retrouvées dans le coffre de la voiture du père des petites filles. Mais les analyses n’ont pas permis de déterminer si cette salive contenait des traces de poison ou de somnifère, ni s'il s'agit d'une contamination directe ou par l'intermédiaire d'un objet.


Comment se poursuit l'enquête ?

A l’occasion du premier anniversaire de la disparition des jumelles, une plate-forme téléphonique doit être mise en place pour retrouver des enfants disparus par la fondation d’aide aux familles d’enfants disparus, Missing Children Switzerland, créée par la mère des fillettes. Ouverte jour et nuit et 7 jours sur 7, elle sera à disposition de toute personne qui veut signaler une disparition de mineurs ou apporter des renseignements sur tout enlèvement et notamment sur cette affaire.

Elle pourra recevoir des appels en français, allemand et italien.

Près d’un an après le début des enquêtes, la mère d’Alessia et Livia a dit "garder espoir". 

Alessia et Livia Schepp : La mère des jumelles conteste le testament du père Quelle est la validité du testament rédigé par Matthias S. avant de se suicider en janvier 2011?


La mère des jumelles disparues souhaite l’annuler. La justice vaudoise devra trancher. Le testament Matthias S. a rédigé le 27 janvier 2011 son testament en allemand en réaction à l’email de son épouse lui annonçant son intention de divorcer. Il l’a déposé dans un tiroir de sa maison de Saint-Sulpice avant de disparaître avec ses fillettes.

Il s'est suicidé trois jours plus tard en se jetant sous un train en Italie, le 30 janvier. Divers médias avaient publié au mois de mars 2011 l’intégralité du testament du père des jumelles. On lisait alors que Matthias S. considérait ce document comme le seul et unique testament valable. Il ne souhaitait accorder à son épouse que la part légale lui revenant.

Ses deux filles se partageraient le reste de la somme en deux parts égales.

La révélation du dernier point du document glaçait le sang:


«Au cas où mes enfants Alessia et Livia ne devaient plus être en vie, mon frère Daniel et ma sœur Maya sont les héritiers principaux à parts égales».

La disparition des jumelles Alessia et Livia ressurgit un an et demi après les faits dans un volet juridique. En cause: le testament de Matthias S., le père des fillettes. Le texte a été rédigé à Saint-Sulpice le 27 janvier 2011, trois jours avant son suicide.

La Chambre patrimoniale vaudoise devra se pencher sur sa validité. En attendant, la mère des jumelles Irina Lucidi estime que les dernières volontés de son mari sont nulles. Elle l’a fait savoir mardi dans le journal Le Temps par le biais de son avocat Yvan Guichard. Car Irina Lucidi espère trouver un terrain d’entente avec les héritiers désignés par Matthias S. pour que l’argent revienne à sa fondation, Missing Children, créée en janvier dernier.

Elle souhaite par ailleurs qu’une petite partie de la somme couvre les frais engagés dans la disparition de ses filles. Yvan Guichard a déjà déposé une requête de conciliation allant en ce sens. En vain. Le règlement à l’amiable a aussi été envisagé. Mais les héritiers ne sont pas tous enclins à partager la somme qu’ils pourraient percevoir, selon l’avocat.


Le Temps mentionne ne pas avoir pu joindre la famille de Matthias S., malgré de nombreuses sollicitations. «Encore vivantes» Un autre problème se pose: ces personnes ne pourront toucher leur héritage que si le décès des jumelles est prononcé. Or Irina Lucidi part du principe que ses filles «sont encore vivantes» et que son mari «n’avait pas de capacité de discernement» au moment d’écrire son testament», relève son avocat, rappelant que Matthias S. souffrait de dépression au moment des faits.

La justice vaudoise recourt dans ce genre de situation à une expertise psychiatrique pour trancher. Une analyse qui peut se révéler assez longue, car elle nécessite la récolte de nombreux témoignages. Mais, finalement, de quelle somme parle-t-on?

Yvan Guichard dit ne pas en connaître le montant exact, mais l’évalue à plusieurs centaines de milliers de francs. Si les jumelles sont déclarées vivantes et le testament de Saint-Sulpice invalidé, Irina Lucidi héritera de 50% de la fortune de son mari. Si elles sont déclarées mortes, et que le testament de Matthias S. est appliqué, elle héritera de 37,5% de la somme.


Prononcer le décès des jumelles implique une longue procédure, dite de «déclaration d’absence» explique en fin d’article Yvan Guichard. Celle-ci peut durer plusieurs années et bloquer les biens du ou des disparus pendant 10 ans. (Newsnet) 

Alessia et Livia Schepp : Deux ans après la disparition de ses deux fillettes de 6 ans, Irina Lucida, s'est confiée.

«Je n’ai pas encore le courage d’admettre que mes filles soient mortes».

Irina Lucidi a raconté au Corriere della Sera que sa vie a été chamboulée depuis la mort de sa famille et la disparition de ses filles. Sa carrière chez Philip Morris est terminée.

«Même si j’ai essayé de reprendre, je ne continuerai pas à faire ce métier», explique-t-elle. Elle ne vit plus dans sa maison de Saint-Sulpice, qu’elle essaie de vendre, mais pour des questions de succession, elle est obligée de déclarer ses filles comme étant décédées.

Elle n’a toutefois pas encore eu le courage de le faire. Du courage elle en a eu par contre pour se consacrer à aider les enfants du monde entier via son association Missing Children. Après les premiers mois de douleurs, Irina est partie en Asie.


«Je n’y ai pas joué les touristes. J’avais décidé de rentrer uniquement lorsque j’en aurai eu envie et cela est arrivé après quelques mois seulement».

La mère des jumelles a vécu dans les villages indonésiens, indiens, de Hong Kong… Là où les enfants n’ont rien, «mais qui gardent toujours le sourire».

Elle a enseigné l’anglais et a vécu avec eux. Mais le souvenir de ses filles et de son mari, avec qui elle a «vécu pendant des années sans le connaître», est indélébile. «En regardant les enfants, je pensais à Mathias et à combien il a été con; il était riche dans le pays le plus riche du monde, il avait tout et il l’a jeté sans raison», a conclu Irina.